Par l'aquaboniste atrabilaire, ou princesse rabiola
Lundi 6 février 2012 1 06 /02 /Fév /2012 01:22
 
 
 
 Cher petit Christophe, de la part de ta soeur, bon anniversaire, celui du dimanche 6 février 2011, un an déjà, tu disparaissais en te suicidant, 20 jours avant ton vrai anniversaire, qui aurait été celui de tes 45 ans.
This very special day, je ne travaillerai pas, je resterai là demain matin et inventerai un bobard pour ne pas passer unother day de routine derrière mon ordinateur, dans le métro, sur ma chaise, devant les comptoirs de la cantine, sur un siège du métro, contre les passagers, au milieu d'eux serrée, à côté de l'imprimante, devant l'ascenseur, dans le bureau, sur la moquette grise, sous un tunnel de métro, sur le clavier d'un PC mes doigts catalogueurs, sur les pages des livres mes doigts tourneurs, sur mon sort et le tien apitoyée. Auf, in, aus, behind, in front of, under, over, hinein, heraus, zwischen, stucked in the middle but not with you, because you're dead. Where are you ? 6 feet under.
Alors moi aussi je serai ailleurs que là où on m'attend. Je serai près de toi.
Je serai toi, rêveur éveillé, entre imaginaire et réalité, au milieu des idées délirantes et même pas occupé à rassembler les morceaux de ta personnalité brisée, engendrant procrastination, sentiment d'étrangeté aux autres et à soi même, le "schizein" des schizophénes.
 
Trouvé dans deux blogs de garçons comme toi, schizos donc mais bien plus geeks (Le schizoblog de Cépaduluxe et Le blog d'un schizophrène), ces pépites de vidéos, et un poème pour toi.
Procrastination, l'impossibilité de trouver le courage d'agir here and now
 
Skhizein, film d'animation de Jeremy Clapin
       
 
 
Et le poème "A la fin", parce que oui c'est sans doute fini, mais peut-être pas, et ça c'était encore pendant, que tu l'étais, en vie

A la fin il y a une lassitude
l’envie de tout oublier
de tout renier
de tout recommencer

à la fin, il y a un doute
une curiosité infinie
une envie légitime de tout comprendre
une incompréhension globale, totale, énorme, presque définitive, face à un passé qui s’estompe, et qui, ainsi qu’un fantôme fugace, se laisse voir au moment même ou il disparait

à la fin, il y a le désir de mener une vie simple
laborieuse
raisonnable
une vie précautionneuse
une vie de petit comptable, de petit bonhomme, de petit soldat brave et sérieux, de petit personnage installé dans sa cabane, son environnement familier, son environnement reconstruit
une vie de personne modeste qui ne veut rien détruire
qui cherche la paix

il y a une peur
la peur que tout recommence
la peur de la rechute
la peur des émotions trop fortes, trop vibrantes, des émotions qui entrent en résonnance avec l’intelligence et menacent de s’imposer par la force
la peur des raisons particulières, des raisons paradoxales, des raisons monotones et répétitives au bord de l’obsession
la peur de tout ce qui diffère
de tout ce qui pourrait
peut être
ranimer le dragon

à la fin il y a l’économie
une vie parcimonieuse
fragile et dérisoire


il y a la fatigue et la patience

il y a le souci de la qualité
qualité des gestes et des pensées
remplaçant la quantité
remplaçant la multitude
il y le besoin de calme et de confort
le besoin de réconfort
l’envie de vieillir en douceur
l’envie de connaitre certains plaisirs

il y a quelques reproches
de l’amertume face au bilan comptable d’une jeunesse impossible
et disparue sans avoir existé
il y a quelques sentiments durs et cruels qu’on voudrait opposer à tous ceux qui ont joué l’indifférence au plus mauvais moment
et il y a la honte

à la fin, il y a une sympathie nouvelle pour celles et ceux qui souffrent,
pour celles et ceux qui diffèrent
s’égarent
se condamnent
ou sont condamnées
pour celles et ceux que la vie renverse à chaque pas
pour celles et ceux que tout le monde accuse

à la fin, il y a l’envie que tout change
que la société soit plus juste, plus accueillante, plus fraternelle, moins exigeante
il y a de nouveaux rêves et de nouveaux espoirs.


Bon anniversaire Christophe, les chiffres ont parlé : 6/2/2012, après 6/2/2011, soit 62 comme mon 1962 ; ou l'inverse de 26 ton jour de naissance en février ; toujours le 2 ; 11 comme 4 x 11 = tes 44 éternelles années ;66 comme 6 x 11, encore un chiffre doublé, trop de 2, de 6, de 1, de 4. Il paraît de toute façon qu'à la fin de l'année ce sera la fin du monde, you shouldn't rush like that, tu n'as pas lu Nostradamus, pas la peine d'en avoir tant parlé.
Anyway, je t'aime, voilà mes cadeaux, comme des traces de ta vie.
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Par l'aquaboniste atrabilaire, ou princesse rabiola
Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 00:51
136.jpg
Ca te ressemble bien mon pauvre Christophe, c'est tout toi même ce tableau d'un peintre tunisien à la belle expo d'art contemporain "Dégagements" à L'IMA, Institut du monde arabe. Je l'ai vue hier, et j'ai tout de suite reconnu (mais sans doute suis je un peu obsédée non ?) mais si c'était bien ton crâne chauve, tes lèvres épaisses, ta barbe non taillée, ton expression, ta nudité exhibitionniste ou absence de protection, tu avançais à découvert et en avant les moqueries... Sauf que là c'est un artiste (tunisien ? malien ? magnifique en tout cas), un qui peint, un qui manie quelque chose, qui fait et qui crée. Ce que tu ne peux évidemment plus faire, et que tu ne faisais pas non plus de ton vivant, c'est bien le hic, si je peux me permettre ce hoquet, comme un spasme nerveux devant cette image d'absence. Ce que n'est pas ce tableau, représentant avec humour, maestria et gros coups de brosses une certaine perception de la réalité post Ben Ali, et des inquiétudes de la révolution. Oui Christophe avec ta barbe, tes yeux allumés et éteints à la fois, ton mysticisme Dieu Jésus Allah, faute de mieux, tu ressemblais à un islamiste, pas ce qui se fait de mieux dans le genre conciliant. Dans le tableau, ceux ci ont été rajoutés, derrière le spectre Ben Ali en blanc, qui n'est plus déjà là "Dégage", mot d'ordre qui l'a destitué et fait s'enfuir. Des cadres partout dans l'atelier, autoportraits déformés à la Bacon, traction avant noire ayant servi à un coup d'état de Ben Ali ?, et sur le lit le grand blessé couvert de bandelettes, grand brûlé, le vendeur de légumes immolé par le feu parce qu'il n'avait plus le droit de les vendre, ses légumes, en période de restriction et de crise économique, l'initiateur de la révolution du jasmin, mort en janvier 2011, martyr comme toi, mais symbole de tout un peuple, alors que toi pauvret n'a pas ému grand monde, moi qui pense toujours à toi en cette veille de triste anniversaire, et ta mère toujours stressée post traumastisme, comme disent les psys.
 Sur la couverture du malade, des animaux, façon enfantine arche de Noé, les mêmes que ceux sur la tête et la corbeille de fruits du marchand martyr, tenue à bout de ses moignons brûlésdu martyre. Et je vois aussi dans ce "Break on through to the other side of the painting", pas lisible sur ma photo de portable sans zoom, peut être l'ordre de passer à travers les portes, les Doors, celles de la perception.137.jpg
 
    Et il y aussi juste sur le mur d'en face qui m'attire l'oeil un mouton (tu m'es au fil des rencontres synchronicistes, grand mot pour dire signes, poisson ou mouton), en photo, parmi les "cartes postales", photos de format carré, couleurs délavées, qui montrent la Tunisie ordinaire, qu'on ne met pas en avant, pas celle des clichés Tozeur palmeraie ou ksar Hadada ou poteries ou que sais je, plutôt les zones de peu, les lieux deshérités, les paysages sublimes ou les endroits rouillés de malheur, ou de simplicité pauvre, qui te ressemblent Christophe et m'évoquent ton désert et ton dernier chemin de Damas. A savoir : un arrêt d'autobus144.jpg comme l'abri à l'aplomb du repère W d'où il y a un an tu te jetais... un train, des140.jpg rails de déraillement, un mouton désarmé,139.jpg toutes jolies images mais d'un lourd ressenti, mais c'est ça la vie, ta vie, c'est l'humble et le souffrant, et aussi ça se passe sous le soleil, même en février 2011 à Libourne c'était aussi clair que la Tunisie rocailleuse, et tant mieux si maintenant ça se mettait à sentir vraiment le jasmin, la rose ou les oeillets comme ceux du Portugal, au milieu de toute cette ferraille sinistre du bruit des armes et des roues des tanks ou des trains qui écrasent les petits frères ou soeurs qui juste veulent en finir avec une vie injuste, et révolutionner leur quotidien, pour des jours meilleurs. Je te les souhaite, où que tu sois, inch allah, ah la la.
  
Natacha Atlas, un son de fer-raï trouvé comme par pensée magique...
 Expo : Dégagements… La Tunisie, un an après
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Par l'aquaboniste atrabilaire, ou princesse rabiola
Lundi 16 janvier 2012 1 16 /01 /Jan /2012 22:43

 

Bien contente de cette fin de journée, devant le web  documentaire ADIEU CAMARADES sur Arte

car je suis rentrée bourrée pétée     du pot délicieux offert par la chaîne Arte et sans doute les nombreux partenaires, dont la BDIC, Bibliothèque et centre de documentation internationale contemporaine (Nanterre), après l'avant-première cinéma, sur mon lieu de travail préféré, du premier épisode de la série historique documentaire, "Adieu camarades", sur la fin de l'empire communiste, de 1975 à 198? (rédition de Gorbatchev).

Où j'appprends plein de trucs sur des faits politiques qui ne me passionnaient guère quand j'avais l'âge de les vivre par procuration via la télé d'Yves Mourousi, à la fin des années 70. Plein de témoins plutôt mignons, et miens contemporains par delà l'Oural, cinquantenaires fringants, ayant vécu et éprouvé rebellions et emprisonnements, pour avoir protesté contre l'idéologie totalitaire. Même Marina Vlady, jolie septua (ou plus) défendant son aboyeur de Vladimir Vissotsky, dissident poète et chanteur dont il vaut mieux lire l'hagiographie qu'écouter les brâmements féroces. Est mort assez jeune semble-t-il (on ne dit pas comment, Brejvnev toutes et seules dents inférieures ressorties dehors coupable ? Plus gai, et pourtant tragique comique (?) ce terroriste qui fait sauter une statue de ..., en rit encore, tout fier de lui et de sa mèche de dyamite responsable de la pulvérisation symbolique du tyran, avant d'être dénoncé par un complice et de faire neuf ans de prison... Les Plastic People, groupe rock improbablement mauvais, tchèque, surtout coupable de mauvais riffs et d'un nez cassé épouvantable chez le chanteur, si ce n'est des encouragements coupables à la luxure et au sexe "compréhensibles à l'ouest chez les jeunes aux conditions sociales difficiles", comprenez qui peuvent ainsi s'évader (merci Pink Floyd et les autres d'avoir aidé à notre épanouissement hors du cocon du capitalisme...).

 

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Adieu Camarades ! 1975-1991

 

 
Vingt ans après la fin de l’URSS , Adieu Camarades ! s’empare de la période de l’effondrement du communisme entre 1975 et 1991. Extraits de films soviétiques, chansons dissidentes ou archives privées ressuscitent un monde perdu et explorent la face cachée du bloc de l’Est.  
 

 

Sympa de comprendre que nombre de sympathisants communistes des pays ayant rallié l'union et le bloc communiste après guerre, n'auraient jamais envisagé la dérive totalitaire de leurs modèles, et d'appartenir à un régime coercitif, d'où incompréhension et consternation quand les chars russes en 1968 ont envahi Prague ou Varsovie. Et curieux et surprenant (oui je ne savais pas...) que le dictateur Caucescu est passé pour un modèle et parangon de la liberté, et adoubé lors de voyages à l'étranger (la reine d'Angleterre gênée qui détourne la tête en 1978 dans son carrosse, affublée de son cavalier encombrant, ce plouc de Nicolae qui agite la main à tour de bras, fasciné par la pompe royale... avant de découvrir  le culte de la personnalité en Corée du Nord et de se faire portraiturer avec sa mégère en grand format et posture édifiante pour impressionner et assujettir le peuple roumain...) Drôle en tout cas de le voir serrer la main de Nixon et à côté de Giscard ("un bon nom pour un emprunt", ai-je entendu citer le général de Gaulle vis à propos de notre plus vif intellectuellement (à l'heure qu'il est) président de la Ve république, le vieux Valéry toujours vert, obligé à l'époque de faire bonne figure au tyran roumain.

Des gimmicks modernes, assez scolaires, pour faire comprendre et entrer dans les mémoires et consciences dates et cartes de géographie à l'Est, pas du luxe pour moi. Emploi contestable de la parole familiale de proximité, la fille du réalisateur, née dans les années 80, qui reproche à son père d'avoir préféré l'Histoire et sa carrière de journaliste à sa vie de famille. N'apporte pas grand chose et péniblement doublée, cette jolie Gagarina (!)

Comprends ce que c'est que le pacte d'Helsinki, dont les pages et passages enregistrés sur les droits de l'homme, liberté de parole, regroupement familial, portent en germe les mines de la future contestation du régime. Pourtant bâti sur la mythique destitution du fascisme, par le démantèlement du nazisme, la victoire de guerre, ayant cependant abouti à une totale négation de la liberté dans le communisme. Nous montrent des images de queues pour le raviltaillement, de tortures, d'arrestations.

Bon j'apprends tout et regarde avec intérêt (alors que je me suis cruellement endormie à la lecture de textes de Rémi Devos, avec pourtant la divine Catherine Hiegel, crinière de lionne blonde sur pull à col roulé noir, donnant la réplique vive et les yeux dans les yeux (quand elle ne fait pas, souvent hélas, la "mère endormie", donc muette, alors que folle de rage devant les vélléîtés théatreuses de son fils). Avec Alain Liebolt, l'aimais bien autrefois, aujourd'hui chauve mais toujours parfait. Prête une certaine oreille à ce texte assez facile, sur l'incompréhension d'une famille face à la vocation théâtrale d'un des leurs, fils ou frère, me parle assez, pourquoi ? Pardon Nico. Mais j'ai sommeil, et je vois de plus en plus double les comédiens tout au loin. Me réveillerai pour la fin, et me permettra d'arriver à temps pour rafler prospectus et cartes postales de pub pour la série d'Arte sus nommée, bien instructive et intéressante.

Et suivie d'un BUFFET pourvoyeur de 3 verres de rouge, 1 de blanc (rouge sur blanc, tout fout l'camp ? mouais, verrai bien), force canapés jambon foie gras fromages samosas etc. et pour finir Perrier sur petits fours sucrés, qui décidément me plaisent beaucoup moins que les premiers salés... Et je rentre plus contente que tout au long de cette première journée de la troisième semaine de l'année, morne et sans paroles (quoique, un film muet a été primé hier aux Golden globes, suis-je "The Artist" ? John of the Garden, i'm your sister mute), heureusement terminée donc par cette séance de cinéma inespérée et arrosée.

Enfances de Sempé (DR)

Grâces rendues à mes collègues vite parties dans l'après-midi, par les lectures tranquilles et non informatisées des pages émouvantes et biographiques d'Enfances de Sempé le petit Bordelais aux parents indignes, qui fut bègue, et qui longtemps après écrivit le ¨Petit Nicolas parallèlement avec Goscinny, sans réelle entente ni concertation, l'un dessinant et l'autre écrivant, chacun de son côté. A noter, Sempé était contre les "mamans" toujours dans la bouche de Nicolas, "les enfants de l'époque parlant plutôt de leur mère".

Lu aussi avec bonheur, ou regardé vite et goûlument, l'Art Book de Dupuy-Berberian, deux géniaux dessinateurs pas avares d'heures passées devant leurs carnets de voyage, de solides cahiers Canson, à faire miens vite.

mais c'est d'eux (duquel ?) cette image affiche d'expo rapportée du Festival d'Angoulême, en me l'envoyant façon mail art !!!

Le Sade up de Frank Secka, livre animé en pop up maliciuex, coquin et sadique, inspiré par le divin Marquis ; la troupe de la Comédie française s'expose au Petit Palais , peinte et sculptée par les artistes, un bonheur, mais images insoutenables des aveugles "Blind" de Sophie Calle, quel est le propos ?

Adieu, camarades, à demain, vous croiser silencieusement ou borborygmesement sur le chemin des toilettes ou du café versé solitairement dans mon gobelet vert, et compter plutôt sur les découvertes textuelles  ou sur le net pour me désempétrer de ce quotidien qui gagne...

Signé, la bureaucrate

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Par l'aquaboniste atrabilaire, ou princesse rabiola
Samedi 14 janvier 2012 6 14 /01 /Jan /2012 01:02

theatre-nico-et-bnf-2011-012.jpgTiens si je montrais mon coin plantes au bureau, bouquet bien touffu de pousses vertes échevelées, appelées cactus de Noël et bouturées facile à partir d'un prélèvement indélicat dans la serre de bout de tour, tout pousse bien le long des immenses baies vitrées, éclairées dès potron-minet, bien avant mon arrivée en tout cas. Rempotées dans ma jardinière en porcelaine de Chine, au dessus du vase de CT, longtemps dénommé cucutement par icelle "Vase Ming, prêt de Topkapi" sur un papier plié détrempé à force d'arrosages, tout comme le bois de la sellette et jeté subrepticement, sans réclamations jusque là (le papelard, pas le vase, qui correspond bien à mon goût des chinoiseries. "Objets inanimés, avez-vous donc une âme ? Qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ?" (mon credo... et celui de la martine)

 .Petit décor qui égaye un peu, sur fond de Seine pénichées, mes après-midis studieuses, ou à cataloguer comme telles... Avec quand même un fond de FIP ou Deezer dans les oreilles, même si je suis un peu "monotâche" et ne peux guère me concentrer plus que ça quand j'entends du Moby ou du dancefloor entraînant, vu que la chillout m'ennuyant plutôt, et le classique itou, même si parfaitement ad hoc in the place to be four days a week, and thanks god today's it's friday (thirteen, by the way




Publié dans : bureau
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Par l'aquaboniste atrabilaire, ou princesse rabiola
Vendredi 13 janvier 2012 5 13 /01 /Jan /2012 01:15

Ai-je raconté les phénomènes de psi, non il n'y a pas d'erreur d'orthographe, pas de y pour le paranormal, que je crois avoir vécus ou tout au moins ressentis ? J'y pense beaucoup, toujours en regard avec la disparition de Christophe. Je pense avoir ressenti à la maison de Libourne (qui "dégage de mauvaises ondes", dixit la belle-soeur, apparemment bien documentée et "faisant partie de l'élite", elle devrait savoir ce qu'elle dit... La donzelle n'ayant pas mis les pieds là-bas depuis des lustres, de quoi parle-t-elle ? Des ondes, bonnes ou néfastes, j'en ai bel et bien senti quand en septembre 2010 (déjà ?) j'ai entendu des bruits indéfinissables mais bien présents, enfin ???, au-dessus de ma tête, quand j'étais couchée dans ce même lit photographié plus bas, dans un post sur la fin de Christophe, son lit de mort si je puis me permettre, qui n'était jusque là que le lit de ma mère, et ce soir là le mien, après avoir été la semaine d'avant celui de mon frère David. Sans oublier le corps raide mort en pyjama rayé façon Holocause de mon papa Jeannot ramené en octobre 1972, un sinistre 30e jour du mois, étendu sur la table en bois qui lui servait de bureau, dans cette chambre, son ancien bureau de professeur d'anglais, des Penguin books plein les étagères. Cette chambre a servi à tout le monde, je vous dis. J'avais donc décidé, seule dans la baraque, de dormir dans la chambre du bas, celle de ma vieille mère, que j'avais lavé et récurée à fond, enlevant des morceaux de pain, des lettres de tante Jarry, des bouts de verre (ampoules cassées), des cotons sales, des enveloppes vides sous les draps, des factures à foison, des kilos de relevés de banque, des vêtements sales, des bas filés, des journaux de télévision, des prospectus immobiliers, des brochures publicitaires de toutes origines, des stylos, des araignées vivantes, des moutons (de poussière), des Paris Match, des Jours de France, des Géo, des Point de Vue, des papiers des papiers des papiers... Dont beaucoup dans le lit douillet et PROPRE dans lequel je m'alanguissais presque nuitamment, un petit  22 h sans doute cette nuit là, rien du tout pour moi qui vous écris à 1 : 29 dit le Mac de mon mari (qui me défend d'y toucher, à son Mac, je "l'use"...). Seule donc à la maison, après mes corvées de ménage, chaleur de septembre, les voisins partis en week-end dans le "quarante-sept" (mieux que le neuf-trois à ma porte habituelle), la mère à la patte folle convalescente à Talence, et mon frère JCA pauvre petit emmuré vivant à Pessac, à quelques encablures de ma mère, de sa mère, de bons repas, de présence, de médecins qui auraient pu diagnostiquer l'urgence vitale, mais non, je l'avais déjà condamné en ne lui donnant pas l'adresse de la maison de convalescence Les Flots, tout est tombé à l'eau et les possibles engloutis, Christophe ne franchira la porte de la clinique que la veille du départ de ma mère, de son retour à Libourne (dans une maison bien rangée ah ça oui, j'y avais mis le paquet - d'ailleurs elle fera de même ma mère la souillon, telle fille telle mère, ira ranger la bauge de son fils quelques semaines avant sa mort, mais il s'en fichera bien, pressé de partir de sa prison et son taudis de solitude à tout jamais. Comme moi j'avais rangé sa maison du haut en bas, des fois qu'elle rentre en fauteuil roulant avec inspection de l'infirmière. Mais non, tout le monde s'en fiche bien des draps propres et de la poubelle désinfectée (ai-je été jusque là ? Les bords gluants doivent l'être restés... Donc obnubilée que j'étais par le grand ménage et le nettoyage par le vide des ordures de ma mère, j'ai beaucoup pleuré en voyant les strates pelures d'oignons de saletés qu'elle avait glissé entre ses draps, couvertures, sous le matelas, des photos et des lettres de famille cotoyant les livres de poche de Pierre Bellemarre et Mary Higgins Clark, mais là en septembre-octobre, tout était apparemment en ordre dans la pièce, je soufflais un peu et m'octroyais un peu de plaisir de lecture au lit adossée à l'oreiller, le drap était d'un coton glissant et de bonne tenue, j'avais déplié et sorti du plastique cette parure de lit ayant dû avoir été achetée en 1973 et jamais servi. A part pour petit frère David venu la semaine d'avant, avait couché là une nuit, sa chambre du haut pas encore "faite". M'étais dit ma foi qu'après tous mes efforts je méritais bien d'y dormir moi aussi dans des draps propres, sur un carrelage récuré, sans trop de toiles d'araignées autour de la tête, et un bon polar italien (deux auteurs, pas mal, enquête, un peu compliqué, et à l'évidence plus d'un an après je ne me rappelle de rien de l'intrigue ni des personnages... A quoi bon lire ?).

Le paranormal, alors il arrive ? Oui à grands pas et même à toute berzingue, peut-être à 158 km/h comme le TGV qui dézingua Christophe, car levant le nez de mon roman oublié, vers 22 h donc, et je répète toute seule à la ronde, j'entends un bruit de train, habituel vu la situation de la maison près le la voie ferrée cruelle à la famille, mais pratique pour aller prendre son mode de transport obligé quand personne ne conduit dans la famille, bref un roulement métallique et ronflant caractéristique de la propulsion mécanique ferroviaire, mais qui là durait depuis drôlement longtemps, pour me faire lever les yeux de mes lignes policières italiennes sûrement passionnantes à ce moment là (mais dont j'ai tout oublié sauf le titre : La Femme du dimanche. Moi, ça devait être, c'était un samedi, début octobre ?). Un train qui ne s'arrête jamais ? Bizarre, j'écoute un peu plus attentivement. Ce train aurait dû finir de passer depuis longtemps, ce n'est pas normal. Le bruit, pourtant assez difficile à situer, de l'autre côté de la rue, puisque d'origine sncfesque, devient plus proche, au-dessus, dans la maison en tout cas. Une espèce de roulement, avec des cahots, des tressautements. Des choses qui roulent, qu'on pousse, qu'on déplace. D'assez loin, soit parce que je suis sourde, il est vrai, soit parce que je ne sais pas d'où ça vient, d'où ça part, ce qui produit ça. Je suis seule comme une conne ici, pas de mère Mian ni son successeur et sa famille recomposée (ils se sépareront l'année prochaine, "Christophe aurait été très content" grincera ma mère) dans la maison voisine jumelle, donc va savoir qui fait ce ram dam mais oui qu'est ce que c'est que ce bordel au dessus de ma tête, on dirait que ça se passe sur le palier à l'étage, ou peut-être dans la chambre de Christophe. Et ça ne peut que me rappeler la séance de poltergeist ou d'esprit frappeur avéré que j'avais entendue sur ces mêmes lieux quand j'avais 14 ou 15 ans, blottie dans le lit de ma mère dans la chambre au lavabo, qu'elle occupait avec David de 9 ans, j'étais venue les rejoindre dans leur llt après avoir entendu des bruits sur le toit de la véranda, à côté de ma chambre à moi. Serrés à 3 dans le même lit, j'avais fermé à clé la porte de la chambre et commençais à m'endormir, il y a plus 33 ans donc, quand j'avais entendu une folle sarabande de l'autre côté de la porte, heureusement "barrée" comme disait ma grand-mère Colette, expression poitevine signifiant porte close avec loquet ou autre clé censée nous protéger des rôdeurs, ou mauvais esprits. Qu'était-ce donc que j'entendis cette nuit là ? Des bruits effrayants, que même ma mère endormie entendit un peu, gémissant dans un demi-sommeil "mais qu'est-ce-que-c'est, aaaah..." mais vite rendormie et me laissant seule l'oreille collée derrière la porte et les pieds nus glacés sur le parquet, et criant je crois à la chose d'"arrêter et de partir et de nous laisser tranquilles". Car la pure vérité si je mens, j'ai bien été debout et réveillée et les cheveux dressés sur ma tête cette nuit là à entendre pendant bien cinq longues minutes des bruits de meubles déplacés et roulés et poussés, par vagues, avec des accélérations et des élans, des bruits de bois, comme si on faisait rouler un tonneau ou une barrique (visualisation des fûts de vin de Cahors dans la cave de Masquières, mon grand-père était-il toujours en vie ?) sur le palier, et qu'il venait se fracasser et ébranler la porte de la salle de bains, à côté, à quelques centimètres de moi. Un bruit infernal, une sarabande incroyable, inexpliquable de remuement d'objets, de chocs et de heurts, raclements de parquet ou de bois ou je ne sais quoi. J'ai dû retourner dans le lit de ma mère et de mon frère de 9 ans, un peu de chaleur, et m'endormir instantanément quand les bruits ont cessé, brutalement, aussi vite qu'ils étaient venus. Je ne sais pas et ne saurais jamais ce qui s'est passé. Christophe qui dormait dans la chambre à côté jura ses grands dieux le matin qu'il n'avait rien entendu, ni rien fait. A 14 ans ou 13 ans, il était aux prémisses de sa schizophrénie et devait à ce moment commencer à devenir agité. Je suis persuadée que j'ai assisté, derrière la porte (pas question d'avoir ouvert cette boîte de Pandore), à un phénomène de Poltergeist provoqué par l'esprit malade de mon jeune frère, télékynésie résultant de  projections de son cerveau perturbé.  Enfin, j'ai bien eu peur...

J'écris cela ce soir, janvier 2012, car j'ai lu en service public un merveilleux livre d'entretiens de Tomi Ungerer l'ogre alsacien génial, illustrateur-dessinateur-peintre (Pas de baiser pour Maman ; Otto...) qui dans sa vie multiple, né en 1931, un parent, dit avoir connu nombre d'expériences paranormales, dont des esprits frappeurs dans son appartement de New York, avec déplacements d'objets, coups dans les murs, apparitions etc. Et ne voulant raconter que celles vécues et ressenties avec d'autres témoins, pour éviter l'incompréhension et le ridicule. Moi mes expériences furent vécues solitairement, comme beaucoup d'autres d'un tout autre mauvais genre d'ailleurs, malheureusement.

Donc si le grand Tomi raconte, je m'y mets aussi, et je reprends mon récit décousu en narrant mon effroi (je reviens en septembre-octobre 2010 - mais quelle est la date exacte ?) d'entendre mais oui c'est bien eux, les mêmes bruits toujours dans mon oreille après toutes ces années, revenus, juste au dessus, comme avant, des bruits de bois qu'on bouge, des meubles qu'on pousse et qu'est ce que c'est que cette merde parce que je suis toute SEULE !!!

Quand je lève les yeux vers le plafond j'entends un choc sourd sur le plancher de la chambre du dessus, celle de Christophe donc, comme un truc lourd qui tombe, cette fois pas de doute il se passe bien quelque chose. Je suis toujours dans mon lit récuré du bas à tendre désespérément mes oreilles vers ces bruits bien noiseux. Je me ferai par la suite la reflexion que je  n'avais jamais dormi là de ma vie en fait... La cinquième chambre de la maison (maintenant en comptant 6 en tout avec la réplique de la chambre nuptiale des grands parents dans l'ancienne salle de jeu) n'ayant jamais eu l'honneur de mon séant jusque là. Eh bien vous le croirez ou non mais j'ai eu le courage et même pas eu peur de sortir dans le couloir, tiens plus de bruit, ce n'était que quand j'étais couchée, et même monter voir là haut, et là tout fermé et pas le moindre courant d'air. Je redescendrais et me recoucherais, à peine inquiétée, comme si je savais que ces bruits sont ma foi bien réels, je fais confiance en ma perception du moment, et aussi à celle de mes quinze ans, je n'ai pas bu et n'ai pas la berlue auditive, mais voilà c'est là, et qu'y faire, je ne vais pas en faire un drame, la maison a ce genre de phénomènes tous les 33 ans et voilà... Puisque la bell's dit que la maison a des mauvaises ondes... Toujours est-il que le lendemain soir vers 23 h Christophe appellera en PCV et je ne lui répondrai pas, le laissant mariner dans sa solitude et isolement, confondant son malheur schizophrène avec une méchanceté consciente, alors qu'il ne m'avait rien fait depuis si longtemps, pauvre chochotte de moi, pauvre pitou de lui. Donc je crois en toute bonne foi que ces bruits de poltergeist ou d'esprit frappeur ont une fois de plus été provoqués, à distance cette fois, par les "mauvaises ondes" de son esprit de plus en plus détraqué (mais le mien n'est pas mieux), d'emmurement et de misère affective, et que des objets dans sa chambre ou à côté ont bougé, ont fait du bruit (mais ça peut être un bruit interne, sans contact, car pas de trace constatée sur le sol ou sur les surfaces). Christophe devait souffrir un martyr de solitude et d'abandon et son cerveau et toute sa pensée inconsciente ou consciente devait tendre vers Libourne, la seule maison qu'il ait connue, et surtout sa mère qu'il croyait là bas, et qu'il attendait désesperement, n'ayant plus rien à manger d'autre que des poires dans les jardins ou des croissants rassis donnés par la boulangerie aux SDF et aux Roumains de son quartier. Pensées affolées, incitant à la tourneboulade entendue alors ? En tous les cas, le lendemain il appelait, et moi je l'abandonnai encore plus profond, en répondant impitoyablement "non" alors même qu'en cet instant j'avais honte de moi et aurais voulu lui parler, mais je craignais n'est ce pas qu'il vienne salir mes draps propres et m'empêcher de jeter en rond et surtout qu'll aille ennuyer Maman, mais merde elle était protégée par les médecins de sa clinique, qu'aurait il pu lui faire le pauvre petit sauf retrouver un peu de chaleur humaine, celle que sa soeur lui refusait, et tant pis pour elle si elle entend des bruits bizarres, c'est bien fait. (je m'obstine à tapier "fiat", il est tard, mais sans doute, "fiat lux").

  
Publié dans : christophe and more - Communauté : A fleur de peau
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  • l'aquaboniste atrabilaire, ou princesse rabiola
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  • cinéma peinture photographie littérature théâtre
  • des enfants grands une peu, une ville capitale, un moral en bas de casse au bureau, un réseau seulement fait de métros... pourquoi ne peut on pas passer plus de temps ailleurs qu'à paname pourtant si riche ? alors qu'il reste how much time ???

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