Lundi 5 mars 2012 1 05 /03 /Mars /2012 22:44

Par l'aquaboniste atrabilaire, ou princesse rabiola

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29 février 2012, road movie Libourne-Bordeaux-Libourne

  

Rentre à Libourne depuis Bordeaux (Bercier) par le bus (autocar navette SNCF, pas de grève depuis 2010, merci je suis tombée dessus, un vingt-neuf février de toute façon c'est tous les quatre ans...) Le chauffeur a prévenu, au départ à 19 h : « on sera à Libourne à 20 h 46 ». Mazette ! Failli repartir avec mon cabas en plastique orange lourd de courses de chez mon frère, "la Taupe" de John Le Carré, un cache pot rouge et jaune vernissé qui fera très bien chez ma mère avec mon clivia « strength of Africa », 3 pots de faux Benco bons jusqu’en janvier 2011 (va-t-on crever ?), mais j’ai jeté dix boites de conserves 2005-2006, des soldats de plomb, une Barbie toute nue, des photomatons, des lettres et cartes postales de ma mère : « Que deviens-tu ? Aucune nouvelle. J’espère que tu t’achètes de la nourriture et que tu ne vis pas comme un sauvage complet ». Je regrette d’avoir jeté une petite assiette en métal, fleurie et affreusement kitsch, mais bon qui suis-je pour juger ? Et aussi une serviette en papier de chez Paul, témoin des pots offerts par ma mère quand il la raccompagnait à la gare (encore et toujours).

 Dissuadée par une voyageuse de quitter la proie pour l’ombre, soit le car pour le ter, et rejoindre le quai 9, ses courants d’air et son hypothétique 18 h 56 vers Périgueux, 20 puis 50 mn de retard, peut être supprimé au bout du compte. Ma mère me dira : « T’as fait un bon petit circuit dans les environs de Libourne et Bordeaux, sans payer » « Bx une ville beaucoup moins polluée que Paris, tu peux y aller ».

 Je ferais en effet un périple de nuit plutôt sympa et gratuit, me suis bien gardé bien de payer, me retiens de trop parler au chauffeur, ma réserve légendaire face à sa faconde aquitaine, quoique l’accent sente plutôt le titi parisien, je ne veux pas me faire remarquer, toujours sans ticket.

En fait il s’en fout, très rigolo, et peste de devoir passer par absolument toutes les gares de la ligne Bordeaux Angoulême, soit Cenon, Bassens, Ambarès, Saint-Loubès, St « Supplice », Yzon, Vayres que je reverrais,  sa longue place et son tunnel SNCF, son église au dôme ardoisé , il est 20 h, à droite le resto le Gestas, souvenir de Xavier, copain de mon frère, nous y étions arrêtés un jour de visite du château et de son spectacle de fauconnerie. Ce soir le chauffeur et le troufion derrière lui descendent tous les deux du car, me laissant seule dans l’engin, je ne pourrais même pas le faire démarrer, histoire de récupérer deux minettes frigorifiées en haut des voies, qui n’ont pas compris que le car gris en contrebas leur remplaçait le train. Mignonnes, elles montent avec force merci chauffeur, puis se mettent à pépier dans leur téléphone qu’elles ont un bus exceptionnel rien que pour elles, le chauffeur biche, puis ça tourne à des histoires de shit, le chauffeur soupire, vaguement outré, roulez jeunesse. Avant, la voyageuse aguerrie et habituée des aléas des transports aquitains est descendue à La Gorp, après un des habituels demi-tours techniques et serrés, recroisons la dame au rond-point, « tiens la dame est toujours là », il ouvre la vitre pour le plaisir de lui lancer « Je vous ramène à Bordeaux ? », « non merci je reste ici », on a la blague facile dans le bordelais.

Raconte à un troufion tassé derrière lui, je n’en perds pas une, ses exploits avec ses cars « des S245 de 12,98 m, presque 13 mètres ! » comme on dirait d’un bateau, à faire gravir les cols des Pyrénées à des colonies de vacances, «avec tous les bagages sur la galerie, je le referai pas, je veux plus m’emmerder, dans 3 ans la retraite »

Toutes petites gares de centres bourg, atteintes au prix de virages serrés et tortueux dans des rues étroites le long des murs de pavillons,  on rase entre autres, lancés à tout allure une maison de Vayres  sans trottoir, montrée au militaire derrière, « celle-là elle était à louer 700 EUR sur Le bon coin, mais ma femme m’a dit même pas en rêve, tu sors de chez toi et t’es couché, pour 700 EUR je leur ai dit y’a l’assurance décès comprise ? » Après avoir frôlé de très près voitures garées et poubelles, au sortir d’un passage délicat, il plaisante « il faut fermer les yeux », « en fermant les yeux, ça passe ». Le troufion rajoute : «au bruit aussi ! ».

Me souviendrai des hauteurs de Bassens et son port aux raffineries d’acier, baie de San Francisco sur le fleuve Garonne, soleil couchant et ciel rose sur l’eau du fleuve, très beau. L’église gothique d’Ambarès, et sa mairie en folie architecturale, le rond-point SSC (est-ce moi ?), Saint Sulpice et Cameyrac, la campagne pavillonnaire, la banlieue bordelaise, puis bientôt les vignes et le pays libournais.

Un petit  « signe » sur la route, ce panneau Euralis, déjà repéré à l’aller, et juste quand nous passons à son niveau retentit dans les hauts parleurs du bus « Another brick in the wall » de Pink Floyd qui passe, précisément la phrase Teacher, leave the kids alone, so did you father teacher, pour notre plus grand malheur.

Quand nous arrivons dans les gares, jamais personne, le chauffeur dit « Allez je me casse », ou «On s’arrache, tant pis pour eux », mais à chaque fois on a un quart d’heure d’avance, pas étonnant qu’il n’y ait personne, « de toute façon à c’t’heure là ils sont tous rentrés ». Donc on blinde, serons à Libourne à 20 h 30, et m’arrête en face de la rue François Constant, merci chauffeur, vous conduisez comme un chef ose-je lui dire.

Le matin ai heureusement évité et sans le faire exprès, ai même intérieurement bien vitupéré l’ignorant chef de station de la gare routière, « un remplaçant » me confirmera la chauffeuse du bus de ligne 302, Libourne-Bordeaux Buttelière, soit le nord-est de Bordeaux, pas du tout près de la gare Saint-Jean où m’aurait amené la navette SNCF, que je ne savais pas encore si longue… J’écoute la conversation de la chauffeur, elle aussi 56 ans et qui attend la retraite, « j’ai mal partout », parle à un monsieur mal voyant « et comment que j’ai droit à un chien, mais j’en veux pas », de gens qui ont des cancers du colon « si on vous enlève un bout d’intestin c’est qu’il y a un cancer » et que « ça a commencé quand il faisait du sang », ou des lymphomes, qui finissent en « généralisé ». Pendant ce temps là la plaine impavide des palus passe, puis les pavillons et les zones commerciales, il faut que je me rappelle que j’avais mal aux doigts écorchés et mordus au sang, qui a servi à afficher sur l’écran du marqueur de glycémie de ma mère « qui sait s’en servir » mais se pique toute aiguille dehors, une vraie banderille, un inquiétant 322 g de sucre. Suis-je ultra diabétique sans le savoir ? Un message d’erreur s’affichera derrière, me sauvant éventuellement ? Toutes ces maladies me dépriment.

 Encore heureux que ce trajet n’ait duré qu’une heure,  bien du travail et des RV m’attendaient à Bordeaux, déjà raté le plombier des pages jaunes, prévu à 13 h, un peu énervé j’entends bien dans mon portable quand il entend qu’à cette même heure je ne suis seulement qu’à la hauteur de la sublime et blonde place Stalingrad et son lion bleu,  vue

sur le grand port, par un trajet de tramway A, puis je prendrai le bus 10 pour Pessac, arrêt Bardanac, pour l’étoile éteinte de Compostelle.

 

 

 

 ci-contre cette image de clivia, qui décidément fait très bien dans ton cache-pot mon cricri

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Dimanche 26 février 2012 7 26 /02 /Fév /2012 12:08

Par l'aquaboniste atrabilaire, ou princesse rabiola

 

 

 

 

       

 
 
 
 
Une photographie s'est introduite par mégarde dans la série ci-dessous. Cherchez l'intruse.
 
 
 
 
  
 
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Publié dans : christophe and more - Communauté : papierlibre
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Lundi 6 février 2012 1 06 /02 /Fév /2012 01:22

Par l'aquaboniste atrabilaire, ou princesse rabiola

   Cher petit Christophe, de la part de ta soeur, bon anniversaire, celui du dimanche 6 février 2011, un an déjà, tu disparaissais en te suicidant, 20 jours avant ton vrai anniversaire, qui aurait été celui de tes 45 ans.

           

    This very special day, je ne travaillerai pas, je resterai là demain matin et inventerai un bobard pour ne pas passer unother day de routine derrière mon ordinateur, dans le métro, sur ma chaise, devant les comptoirs de la cantine, sur un siège du métro, contre les passagers, au milieu d'eux serrée, à côté de l'imprimante, devant l'ascenseur, dans le bureau, sur la moquette grise, sous un tunnel de métro, sur le clavier d'un PC mes doigts catalogueurs, sur les pages des livres mes doigts tourneurs, sur mon sort et le tien apitoyée. Auf, in, aus, behind, in front of, under, over, hinein, heraus, zwischen, stucked in the middle but not with you, because you're dead. Where are you ? 6 feet under.

Alors moi aussi je serai ailleurs que là où on m'attend. Je serai près de toi. Je serai toi, rêveur éveillé, entre imaginaire et réalité, au milieu des idées délirantes et même pas occupé à rassembler les morceaux de ta personnalité brisée, engendrant procrastination, sentiment d'étrangeté aux autres et à soi même, le "schizein" des schizophénes.  "Je suis Christophe", comme le "Je suis Frédéric", le leitmotiv du beau roman  "Poisson-Tambour" de Corinne Desarzens sur son frère Frédéric, schizophrène et parti comme toi.

 Trouvé dans deux blogs de garçons comme toi, schizos donc mais bien plus geeks (Le schizoblog de Cépaduluxe et Le blog d'un schizophrène), ces pépites de vidéos, voilà mes cadeaux, comme des traces de ta vie.  

 
 
Procrastination, l'impossibilité de trouver le courage d'agir here and now
 
Skhizein, film d'animation de Jeremy Clapin
       
 
 

 


 ma numérologie à deux balles, bon anniversaire Christophe, les chiffres ont parlé : 6/2/2012, après 6/2/2011, soit 62 comme mon 1962 ; ou l'inverse de 26 ton jour de naissance en février ; toujours le 2 ; 11 comme 4 x 11 = tes 44 éternelles années ;66 comme 6 x 11, encore un chiffre doublé, trop de 2, de 6, de 1, de 4. Il paraît de toute façon qu'à la fin de l'année ce sera la fin du monde, why rush like that...

Publié dans : christophe and more - Communauté : écrire c'est hurler en silence
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Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 00:51

Par l'aquaboniste atrabilaire, ou princesse rabiola
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Ca te ressemble bien mon pauvre Christophe, c'est tout toi même ce tableau d'un peintre tunisien à la belle expo d'art contemporain "Dégagements" à L'IMA, Institut du monde arabe. Je l'ai vue hier, et j'ai tout de suite reconnu (mais sans doute suis je un peu obsédée non ?) mais si c'était bien ton crâne chauve, tes lèvres épaisses, ta barbe non taillée, ton expression, ta nudité exhibitionniste ou absence de protection, tu avançais à découvert et en avant les moqueries... Sauf que là c'est un artiste (tunisien ? malien ? magnifique en tout cas), un qui peint, un qui manie quelque chose, qui fait et qui crée. Ce que tu ne peux évidemment plus faire, et que tu ne faisais pas non plus de ton vivant, c'est bien le hic, si je peux me permettre ce hoquet, comme un spasme nerveux devant cette image d'absence. Ce que n'est pas ce tableau, représentant avec humour, maestria et gros coups de brosses une certaine perception de la réalité post Ben Ali, et des inquiétudes de la révolution. Oui Christophe avec ta barbe, tes yeux allumés et éteints à la fois, ton mysticisme Dieu Jésus Allah, faute de mieux, tu ressemblais à un islamiste, pas ce qui se fait de mieux dans le genre conciliant. Dans le tableau, ceux ci ont été rajoutés, derrière le spectre Ben Ali en blanc, qui n'est plus déjà là "Dégage", mot d'ordre qui l'a destitué et fait s'enfuir. Des cadres partout dans l'atelier, autoportraits déformés à la Bacon, traction avant noire ayant servi à un coup d'état de Ben Ali ?, et sur le lit le grand blessé couvert de bandelettes, grand brûlé, le vendeur de légumes immolé par le feu parce qu'il n'avait plus le droit de les vendre, ses légumes, en période de restriction et de crise économique, l'initiateur de la révolution du jasmin, mort en janvier 2011, martyr comme toi, mais symbole de tout un peuple, alors que toi pauvret n'a pas ému grand monde, moi qui pense toujours à toi en cette veille de triste anniversaire, et ta mère toujours stressée post traumastisme, comme disent les psys.
 Sur la couverture du malade, des animaux, façon enfantine arche de Noé, les mêmes que ceux sur la tête et la corbeille de fruits du marchand martyr, tenue à bout de ses moignons brûlésdu martyre. Et je vois aussi dans ce "Break on through to the other side of the painting", pas lisible sur ma photo de portable sans zoom, peut être l'ordre de passer à travers les portes, les Doors, celles de la perception.137.jpg
 
    Et il y aussi juste sur le mur d'en face qui m'attire l'oeil un mouton (tu m'es au fil des rencontres synchronicistes, grand mot pour dire signes, poisson ou mouton), en photo, parmi les "cartes postales", photos de format carré, couleurs délavées, qui montrent la Tunisie ordinaire, qu'on ne met pas en avant, pas celle des clichés Tozeur palmeraie ou ksar Hadada ou poteries ou que sais je, plutôt les zones de peu, les lieux deshérités, les paysages sublimes ou les endroits rouillés de malheur, ou de simplicité pauvre, qui te ressemblent Christophe et m'évoquent ton désert et ton dernier chemin de Damas. A savoir : un arrêt d'autobus144.jpg comme l'abri à l'aplomb du repère W d'où il y a un an tu te jetais... un train, des140.jpg rails de déraillement, un mouton désarmé,139.jpg toutes jolies images mais d'un lourd ressenti, mais c'est ça la vie, ta vie, c'est l'humble et le souffrant, et aussi ça se passe sous le soleil, même en février 2011 à Libourne c'était aussi clair que la Tunisie rocailleuse, et tant mieux si maintenant ça se mettait à sentir vraiment le jasmin, la rose ou les oeillets comme ceux du Portugal, au milieu de toute cette ferraille sinistre du bruit des armes et des roues des tanks ou des trains qui écrasent les petits frères ou soeurs qui juste veulent en finir avec une vie injuste, et révolutionner leur quotidien, pour des jours meilleurs. Je te les souhaite, où que tu sois, inch allah, ah la la.
  
Natacha Atlas, un son de fer-raï trouvé comme par pensée magique...
 Expo : Dégagements… La Tunisie, un an après
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Lundi 16 janvier 2012 1 16 /01 /Jan /2012 22:43

Par l'aquaboniste atrabilaire, ou princesse rabiola

 

Bien contente de cette fin de journée, devant le web  documentaire ADIEU CAMARADES sur Arte

car je suis rentrée bourrée pétée     du pot délicieux offert par la chaîne Arte et sans doute les nombreux partenaires, dont la BDIC, Bibliothèque et centre de documentation internationale contemporaine (Nanterre), après l'avant-première cinéma, sur mon lieu de travail préféré, du premier épisode de la série historique documentaire, "Adieu camarades", sur la fin de l'empire communiste, de 1975 à 198? (rédition de Gorbatchev).

Où j'appprends plein de trucs sur des faits politiques qui ne me passionnaient guère quand j'avais l'âge de les vivre par procuration via la télé d'Yves Mourousi, à la fin des années 70. Plein de témoins plutôt mignons, et miens contemporains par delà l'Oural, cinquantenaires fringants, ayant vécu et éprouvé rebellions et emprisonnements, pour avoir protesté contre l'idéologie totalitaire. Même Marina Vlady, jolie septua (ou plus) défendant son aboyeur de Vladimir Vissotsky, dissident poète et chanteur dont il vaut mieux lire l'hagiographie qu'écouter les brâmements féroces. Est mort assez jeune semble-t-il (on ne dit pas comment, Brejvnev toutes et seules dents inférieures ressorties dehors coupable ? Plus gai, et pourtant tragique comique (?) ce terroriste qui fait sauter une statue de ..., en rit encore, tout fier de lui et de sa mèche de dyamite responsable de la pulvérisation symbolique du tyran, avant d'être dénoncé par un complice et de faire neuf ans de prison... Les Plastic People, groupe rock improbablement mauvais, tchèque, surtout coupable de mauvais riffs et d'un nez cassé épouvantable chez le chanteur, si ce n'est des encouragements coupables à la luxure et au sexe "compréhensibles à l'ouest chez les jeunes aux conditions sociales difficiles", comprenez qui peuvent ainsi s'évader (merci Pink Floyd et les autres d'avoir aidé à notre épanouissement hors du cocon du capitalisme...).

 

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> Adieu Camarades ! - Édito
Adieu Camarades ! 1975-1991

 

 
Vingt ans après la fin de l’URSS , Adieu Camarades ! s’empare de la période de l’effondrement du communisme entre 1975 et 1991. Extraits de films soviétiques, chansons dissidentes ou archives privées ressuscitent un monde perdu et explorent la face cachée du bloc de l’Est.  
 

 

Sympa de comprendre que nombre de sympathisants communistes des pays ayant rallié l'union et le bloc communiste après guerre, n'auraient jamais envisagé la dérive totalitaire de leurs modèles, et d'appartenir à un régime coercitif, d'où incompréhension et consternation quand les chars russes en 1968 ont envahi Prague ou Varsovie. Et curieux et surprenant (oui je ne savais pas...) que le dictateur Caucescu est passé pour un modèle et parangon de la liberté, et adoubé lors de voyages à l'étranger (la reine d'Angleterre gênée qui détourne la tête en 1978 dans son carrosse, affublée de son cavalier encombrant, ce plouc de Nicolae qui agite la main à tour de bras, fasciné par la pompe royale... avant de découvrir  le culte de la personnalité en Corée du Nord et de se faire portraiturer avec sa mégère en grand format et posture édifiante pour impressionner et assujettir le peuple roumain...) Drôle en tout cas de le voir serrer la main de Nixon et à côté de Giscard ("un bon nom pour un emprunt", ai-je entendu citer le général de Gaulle vis à propos de notre plus vif intellectuellement (à l'heure qu'il est) président de la Ve république, le vieux Valéry toujours vert, obligé à l'époque de faire bonne figure au tyran roumain.

Des gimmicks modernes, assez scolaires, pour faire comprendre et entrer dans les mémoires et consciences dates et cartes de géographie à l'Est, pas du luxe pour moi. Emploi contestable de la parole familiale de proximité, la fille du réalisateur, née dans les années 80, qui reproche à son père d'avoir préféré l'Histoire et sa carrière de journaliste à sa vie de famille. N'apporte pas grand chose et péniblement doublée, cette jolie Gagarina (!)

Comprends ce que c'est que le pacte d'Helsinki, dont les pages et passages enregistrés sur les droits de l'homme, liberté de parole, regroupement familial, portent en germe les mines de la future contestation du régime. Pourtant bâti sur la mythique destitution du fascisme, par le démantèlement du nazisme, la victoire de guerre, ayant cependant abouti à une totale négation de la liberté dans le communisme. Nous montrent des images de queues pour le raviltaillement, de tortures, d'arrestations.

Bon j'apprends tout et regarde avec intérêt (alors que je me suis cruellement endormie à la lecture de textes de Rémi Devos, avec pourtant la divine Catherine Hiegel, crinière de lionne blonde sur pull à col roulé noir, donnant la réplique vive et les yeux dans les yeux (quand elle ne fait pas, souvent hélas, la "mère endormie", donc muette, alors que folle de rage devant les vélléîtés théatreuses de son fils). Avec Alain Liebolt, l'aimais bien autrefois, aujourd'hui chauve mais toujours parfait. Prête une certaine oreille à ce texte assez facile, sur l'incompréhension d'une famille face à la vocation théâtrale d'un des leurs, fils ou frère, me parle assez, pourquoi ? Pardon Nico. Mais j'ai sommeil, et je vois de plus en plus double les comédiens tout au loin. Me réveillerai pour la fin, et me permettra d'arriver à temps pour rafler prospectus et cartes postales de pub pour la série d'Arte sus nommée, bien instructive et intéressante.

Et suivie d'un BUFFET pourvoyeur de 3 verres de rouge, 1 de blanc (rouge sur blanc, tout fout l'camp ? mouais, verrai bien), force canapés jambon foie gras fromages samosas etc. et pour finir Perrier sur petits fours sucrés, qui décidément me plaisent beaucoup moins que les premiers salés... Et je rentre plus contente que tout au long de cette première journée de la troisième semaine de l'année, morne et sans paroles (quoique, un film muet a été primé hier aux Golden globes, suis-je "The Artist" ? John of the Garden, i'm your sister mute), heureusement terminée donc par cette séance de cinéma inespérée et arrosée.

Enfances de Sempé (DR)

Grâces rendues à mes collègues vite parties dans l'après-midi, par les lectures tranquilles et non informatisées des pages émouvantes et biographiques d'Enfances de Sempé le petit Bordelais aux parents indignes, qui fut bègue, et qui longtemps après écrivit le ¨Petit Nicolas parallèlement avec Goscinny, sans réelle entente ni concertation, l'un dessinant et l'autre écrivant, chacun de son côté. A noter, Sempé était contre les "mamans" toujours dans la bouche de Nicolas, "les enfants de l'époque parlant plutôt de leur mère".

Lu aussi avec bonheur, ou regardé vite et goûlument, l'Art Book de Dupuy-Berberian, deux géniaux dessinateurs pas avares d'heures passées devant leurs carnets de voyage, de solides cahiers Canson, à faire miens vite.

mais c'est d'eux (duquel ?) cette image affiche d'expo rapportée du Festival d'Angoulême, en me l'envoyant façon mail art !!!

Le Sade up de Frank Secka, livre animé en pop up maliciuex, coquin et sadique, inspiré par le divin Marquis ; la troupe de la Comédie française s'expose au Petit Palais , peinte et sculptée par les artistes, un bonheur, mais images insoutenables des aveugles "Blind" de Sophie Calle, quel est le propos ?

Adieu, camarades, à demain, vous croiser silencieusement ou borborygmesement sur le chemin des toilettes ou du café versé solitairement dans mon gobelet vert, et compter plutôt sur les découvertes textuelles  ou sur le net pour me désempétrer de ce quotidien qui gagne...

Signé, la bureaucrate

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De la musique avant toute chose, qu'il disait le Paulo (Verlaine), avec son copain Arthur (pas le cousin de Babar) ; on est pas sérieux quand on a plus de dix-sept ans...

 

Quelques unes de mes playlists à jouer sans modération sur Deezer, pour faire l'ambiance quoi. Soit, "Coffeemusic", avec du thé ou de la bière ça marche aussi...

 

Ou bien "Et hip et hop jazzy", ou "Groove électro",  "Dance floor" ...

 

www.deezer.com

Vidéos de notre enfance

Le poème du mois

  Le Roi des aulnes (Der Erlkönig) Johann Wolfgang von Goethe   (1782

Mein Sohn, was birgst du so bang dein Gesicht ? –
Siehst Vater, du den Erlkönig nicht !
Den Erlenkönig mit Kron’ und Schweif ?

 

„Du liebes Kind, komm geh’ mit mir !
Gar schöne Spiele, spiel ich mit dir,
Manch bunte Blumen sind an dem Strand,
Meine Mutter hat manch gülden Gewand.“

Mein Vater, mein Vater, und hörest du nicht,
Was Erlenkönig mir leise verspricht ? –
Sei ruhig, bleibe ruhig, mein Kind,
In dürren Blättern säuselt der Wind. –

„Willst feiner Knabe du mit mir geh’n ?
Meine Töchter sollen dich warten schön,
Meine Töchter führen den nächtlichen Reihn,
Und wiegen und tanzen und singen dich ein.“

Mein Vater, mein Vater, und siehst du nicht dort
Erlkönigs Töchter am düsteren Ort ? –
Mein Sohn, mein Sohn, ich seh’ es genau,
Es scheinen die alten Weiden so grau. –

„Ich liebe dich, mich reizt deine schöne Gestalt,
Und bist du nicht willig, so brauch ich Gewalt !“
Mein Vater, mein Vater, jetzt fasst er mich an,
Erlkönig hat mir ein Leids getan. –

Dem Vater grauset’s, er reitet geschwind,
Er hält in Armen das ächzende Kind,
Erreicht den Hof mit Mühe und Not,
In seinen Armen das Kind war tot.

Tuileries, expo Heinrich Kühnet Louvre 24 janvier 2011 007


Adaptation par Jacques Porchat (1861)

 

Qui chevauche si tard à travers la nuit et le vent ?
C'est le père avec son enfant.
Il porte l'enfant dans ses bras,
Il le tient ferme, il le réchauffe.

« Mon fils, pourquoi cette peur, pourquoi te cacher ainsi le visage ?
Père, ne vois-tu pas le roi des Aulnes,
Le roi des Aulnes, avec sa couronne et ses longs cheveux ?
— Mon fils, c'est un brouillard qui traîne.

— Viens, cher enfant, viens avec moi !
Nous jouerons ensemble à de si jolis jeux !
Maintes fleurs émaillées brillent sur la rive ;
Ma mère a maintes robes d'or.

— Mon père, mon père, et tu n'entends pas
Ce que le roi des Aulnes doucement me promet ?
— Sois tranquille, reste tranquille, mon enfant :
C'est le vent qui murmure dans les feuilles sèches.

— Gentil enfant, veux-tu me suivre ?
Mes filles auront grand soin de toi ;
Mes filles mènent la danse nocturne.
Elles te berceront, elles t'endormiront, à leur danse, à leur chant.

— Mon père, mon père, et ne vois-tu pas là-bas
Les filles du roi des aulnes à cette place sombre ?
— Mon fils, mon fils, je le vois bien :
Ce sont les vieux saules qui paraissent grisâtres.

— Je t'aime, ta beauté me charme,
Et, si tu ne veux pas céder, j'userai de violence.
— Mon père, mon père, voilà qu'il me saisit !
Le roi des aulnes m'a fait mal ! »

Le père frémit, il presse son cheval,
Il tient dans ses bras l'enfant qui gémit ;
Il arrive à sa maison avec peine, avec angoisse :
L'enfant dans ses bras était mort.

      

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