Par L'Aquaboniste atrabilaire, ou Princesse Rabiola
François Hollande, un président posé, pas hystérique, brillant, qui a de l'humour, qui va nous aider à sortir de la crise, I hope so. Espoir, courage, changement.
François Hollande, un président posé, pas hystérique, brillant, qui a de l'humour, qui va nous aider à sortir de la crise, I hope so. Espoir, courage, changement.
Oeuvres servant d'illustration : un tableau de Yves Tanguy ; plusieurs du peintre Anselm Kiefer ainsi que des oeuvres de Jean-Paul Marcheschi.
Musique : Schizotrope (Richard Pinhas et Maurice G. Dantec). Le projet Schizotrope, dont le nom complet est The Richard Pinhas & Maurice Dantec Schizospheric Experience, French Readings of Gilles Deleuze's Philosophy with Metatronic Music and Vocal Processors est né du désir d'honorer la mémoire du philosophe Gilles Deleuze mort en 1995.
Beaux tableaux et musique hypnotique, un peu façon Doors, pour dé-peindre les tourments de mon frérot schizo, et moi je ne me sens pas très bien non plus... Après le soleil d'Espagne, un peu d'ombre, la neige, elle est où ? J'ai touché le fond de la piscine. M'enfin, essayer de voir la verdure plutôt que les arbres morts, et l'eau bleue plutôt que les flammes (rédemptrices ?).
Pouvoir oublier que "J vaisa voirla 5" (Stendhal, en langage codé, à l'intérieur de sa ceinture, terrifié à l'approche de la cinquantaine...)
P'hoooo ! (soupir d'aise).
Viens de passer une semaine de vacances à Cala d'Or, Majorque, aux Baléares (Illes Balears, ça sonne mieux). Wie shade, what a pity, je n'ai pas étudié l'espagnol mais l'allemand et l'anglais, et pourquoi diantre avoir choisi le russe en 3e langue, il ne me reste que du da illi niet, chto èt za choum ? èt papougaï !, et aussi le ravissement de la plongée dans l'alphabet cyrillique, mais aussi le souvenir d'infâmes accents changeant immanquablement le sens des mots). Comme essayer de se souvenir de tous les noms d'état-civil des héros de Tolstoï ou Dostoïesvki. Pourtant, adoré les langues, et même si peu de facilité désormais dans la Sprache von Goethe (gramm. ?), force est de constater qu'à force d'entendre du germain un peu partout dans la plus grande des Balears, jusqu'à lire les indications télécommandées "Farbe" ou "Lautstärke" sur l'écran télé de la chambre d'hôtel, en passant par les menus des "Abendessen" pantagruéliques et truffés de Bratwurste(n), j'aurais pu en ouvrant grand mes oreilles repasser mon Abitur sans problème.
Pas d'aigreur, j'adore l'allemand, que je ne parle plus, ni n'écris ni ne comprends plus qu'à peine. Alors finalement que ce coin d'Espagne, sans doute épargné un peu par la crise économique dénoncée par les Indignés par l'afflux d'euros frappés d'aigles, soit devenue pratiquement une colonie germanique (autant sur les façades de panneaux immobiliers "Zu verkaufen" que "Se vende"), est-ce à déplorer ? Ils ont bon goût les Allemands, d'aimer cette charmante île ensoleillée, verdoyante, de la tentation d'y passer bien plus d'une semaine... Qu'ils la rachètent donc, grincera le mari, l'Espagne sortira de la crise, à condition qu'ils ne remplacent pas le chorizo par des rondelles de francforts dans la paëlla...
N'empêche, bien pénible le retour en car avec les décibels gutturalement germaniques d'une radio allemande impitoyablement déversés par les haut-parleurs inréglables, dur dur le Zurück Reise Bus vers l'aéroport de Palma, direction la pluie et les dix degrés de Paris, cette dernière traversée d'est en ouest de l'île, parmi les champs d'amandiers et d'oliviers, et de citronniers aux fruits le plus souvent inaccessibles (mais les nèfles c'est pas si mauvais) doublement gâchée, par le sentiment du Sehnsucht et de l'angoisse de la rentrée des classes, alors que les transats bleus de l'hôtel vous attendent encore, avant l'arrivée de la prochaine fournée de vils usurpateurs venus profiter eux aussi et ils ont bien raison, des lits, transats et matelas de la piscine (eau malheureusement glacée), en plastique bleu défoncé, ou ceux plus design, matelas blancs sur rotin plastique, éparpillés dans les jardins étagés descendant vers la mer, oui ce paradise lost un peu surfait, mais pour qui sort de la ligne 13 toute vue méditerranéenne est bonne à prendre.
bien repéré la villa Casa Sofia, cachée dans le pins, 4e à gauche de l'hôtel Rocador...
Encore mieux, les transats sur le sable face à la mer (mon repos du guerrier, mieux que les canapés freudiens, et bien moins chers pour accéder au bien être), quoi que 12 EUR non merci, pour deux lits et paillotte sur la plage c'était un peu cher dommage, pas les prix côte d'azuréens, mais pour qui passe son temps à marcher sur les rochers, arpenter le bord de l'eau un quart d'heure avant de me décider à plonger dans les eaux bleues, les transats, choisir plutôt de les utiliser vite et en douce, avant l'heure d'arrivée et après le départ des garçons de plage, car souvent gratuits ailleurs remarqué-je, radine qui adore ce luxe abordable et grand contentateur et réducteur de stress parisien ou congénital, comme à Platja de Palma garnie de transats ou des Chinoises viennent vous proposer des massages "twenty minutes, ten euros", on se laisserait tenter, bercés par le bruit des vagues, ou ceux en rotin luxueux du fantastique hôtel de Colonia San Jordi, ou les simili cuir du palace de Formentor, à la plus jolie plage naturelle de la semaine.
Loin déjà les matelas de la crique "Cala Gran", qu'on a définitivement adoptée comme piscine personnelle d'eau bleue turquoise pour tout le reste de sa mémoire de vie
(avec fond de 5 m tout de même, savoir nager sans bouée canard est indispensable), et soupir d'agacement à l'idée des deux prévisibles heures d'attente imbéciles à l'aéroport (avec 13 kg de bagages en supplément soit 130 EUR de supplément, because les cailloux et jolies pierres au fond des valises, et les monceaux de livres de poche anglais (et allemands !) laissés par les vacanciers par sacs entiers et par moi récupérés (la reine des poubelles ayant bien repéré le comptoir de la réception fantôme de l'hôtel agrandi et accolé à son voisin, disposant d'immenses espaces, salons vides à la Shining et salles à manger désertes, réservées au personnel, riches en citrons et kiwis, pesant aussi leur poids larciné...). Le tout impitoyablement sorti à l'embarquement comminatoire par le mari ulcéré, pestant devant les touristes dans la queue "problemas con les malletas" contre la folie de son épouse aux manières de clocharde ; il est vrai que 10 EUR le kg les cailloux du fond de l'eau ou du bord de plage et les best sellers de Tom Clancy et autres ça fait cher le souvenir - mais si ça me fait plaisir à moi de ramener ça ??? Et bien non les services de la douane m'enlèvent mes minéraux qui pourraient servir de Waffen dans la cabine de pilotage mais destinés seulement à garnir la pelouse mitée de mon jardinet parisien, et les livres en anglais donnés à ma mère "toi alors tu repères tout", ça l'aurait changé de ses Agatha Christie racornis.
Las pendant les formalités hispano-fascistes d'embarquement, je dus donc abandonner sans possibilité de choix quelques kilos de livres sur un caddie, mini auto da fé - qui veut dire "acte de foi" en espagnol ou portugais, cette Inquisition dans mes bagages me mettant hors de moi ! Et avec ça mes beaux cailloux, ramassés au fond de l'eau transparente au péril d'apnées laborieuses, confisqués policièrement à la terroriste présumée que j'étais, ces minéraux brillants plein de ferrugineuses matières n'ayant pas manqué de se trahir bêtement sur les écrans des portiques de sécurité.
Ulcérée moi même par ce manque de compassion conjugal, traitée de "folle" par un mari qui pèse lui-même son excès de bagage à lui tout seul, je n'adresserai plus la
parole de tout le voyage au gros, assaisonné bien fait pour lui plus tard dans l'avion, de l'autre côté de ma rangée, par une jeune passagère n'en pouvant plus d'être "écrabouillée" par ce
"malpoli" rabaissant son siège de pacha bien plus que la normale. Rions un peu mesquinement ah ah ah il fut de plus accablé pendant le trajet par l'odeur du vomi de sa
voisine terrorisée par les quelques trous d'air traversés... Je ne rève plus désormais que de mutation girondine m'éloignant de son autoritarisme et manque de fantaisie, no fun,
never. Un peu de sangria et de tapas eussent détendu l'atmosphère, mais tout est payant dans les charters désormais, oublions ces privautés d'un autre
âge.
Et par dessus le marché de la déprime du retour de la plage abandonnée (ci dessus Cala Esmeralda, petite merveille) - mais pas pour tout le monde, salauds de chanceux de vacanciers de mai qui vont prendre ma place dans la chambre 2300 (au matelas trop dur qui me laissa le dos pété toute la nuit, mais pas le courage de dormir sur mes chers transats), supporter au dessus de la tête une radio allemande à fond, vantant les mérites de Mallorca et de son Wetter et de ses Bergen, et ses Baden Baden, des mots et des phrases qu'on adore certes aussi, et qu'on tente d'écouter même s'ils vous distraient vos yeux assoiffés des paysages en train de disparaître. Mais franchouillarde que je suis (je ne me reconnais pas) j'aurais préféré entendre naturellement les ritournelles habituelles pop sucrées espagnoles, insipides mais d'origine, tant qu'à faire, et supporter le débit hispanique accéléré (et incompréhensible pour qui a fait allemand/anglais/russe) des animateurs radio, mais non Mallorca est terre allemande, il faut supporter les enthousiasmes teutoniques, mais pas de jalousie ni d'aigreur de ma part qui rève de m'inscrire au Goethe Institut, juste que quoi bon hein meine Damen und Herren, êtes vous les phénix des hôtes de ces lieux ?
Il ne reste plus dans les bagages délestés que des photos numériques,
des vêtements Shana pour ma fashionista (faute d'Esprit ou de Mango, et pas eu le temps de faire Palma), des bouts de cactus et de monnaies du pape à replanter, des verres à cocktail en plastique
transparent pleins de boules de rejection de mouette, comme des brins de paille soudés, des galets végétaux,
c'est très joli et ça
ressemble à ça :
et aussi pour un temps un bronzage pourvoyeur d'un semblant de beauté (et surtout de rides qui ne s'en vont même pas avec Diadermine et pas plus Estée Lauder).
Ach, es ist wirklich que cette Illa si douce aux vacances est à qui s'y love et s'y retrouve, dans les eaux cristallines de Cala d'Or j'adore, avec ses maisons blanches au style mauresque, un peu Fantasyland et vaguement carton pâte à la Disney, mais qu'est qu'on aimerait y habiter, signé Gretel, qui aimerait bien y retourner avec un Hansel, manger des ensaimadas à la crème et aussi des Kaffee mit Kuchen, sans rancune, ich liebe Mallorca.
C'est ce que je crois avoir compris en lisant non pas entre les lignes mais à trois reprises dans le brand new blog sur Blogger, plus facile entre nous à utiliser que l'ovaire-bulldog ci-devant utilisé, que ma chérie de 14 ans et des brouettes vient de se crééer, parce que c'est la mode, que tout le monde a le sien et même sa mère, et bien plus fun qu'un journal écrit au stylo bic qu'il faut penser à cadenasser dès qu'on a le dos tourné. Sauf que Maman, myself, est des fois un peu maligne, et très irrespectueuse de la vie des autres, surtout quand je les ai fait pousser dans mon giron pendant même pas neuf mois, ceci est une autre histoire de RCIU, retard de croissance intra utérin, hypertension, prééclampsie et césarienne à zip ouvert. Alors merde que les petites connes qui veulent faire stylée aillent trouver d'autres topics pour se mettre en valeur que les allusions hissées en étendard aux bédos, joints et autres beuh. Donc par trois fois je retrouverai des traces de cannabis en parcourant les 8 articles écrits par ma donzelle depuis hier (nettement plus prolifique que sa daronne, je m'incline), soit dans le profil : "Musique, cinéma, lecture. Bédo ?", dans la description de son emploi du temps : "Je passe mon temps au collège, à écouter de la musique, lire, fumer..." et dans ses commentaires de vidéos musicales : "A écouter carré dans son lit bien fonsdé" .
Donc non je n'ai pas mis au monde au péril de ma triste vie une petite merveille dudit monde pour la voir à peine quinze ans après sa venue au monde (bon va falloir mettre un correcteur de répétitions) se targuer de fumer et avoir l'air d'y prendre goût, et en plus avec de la "tease" alors qu'elle a un petit minois ravissant, des capacités d'analyse et un potentiel unanimement vanté par ses professeurs, même si trop de bavardage l'empêche de se placer dans le top ten. Et ben la revoilà, la tare familiale et bien au delà, tout comme sa mère et son oncle les deux grands heureux du monde épanouis, et tant d'autres mal dans leur peau, boulimiques, anorexiques et autres TCA, toutes addictions confondues, malaise social et psychotages à tous les étages, bref que du beau et du tout rose, voilà à quoi ça peut mener cette fascination pour les sensations ou paradis artificiels.
Je fais ma vieille conne mais moi aussi je me jette volontiers au fond de la bouteille de bière ou sur la baguette/camembert jusqu'à plus soif, pour éprouver autre chose que les petites pensées étriquées habituelles, prendre un peu de recul et espérer ressentir des révélations ineffables, ou plutôt panser un peu les blessures d'une vie sociale chaotique. Quoique quand on a le vin triste, autant se shooter à Lost ou aux séries TV, si on ne sait pas s'arrêter ça aussi ça relève du syndrome du refus social, voire du psychotique - mais ça aide à briller dans les dîners en ville, t'en-es à quelle saison de Mad Men ou de Treme ou de Dexter (bof pas celui là, trop de blood).
Mais là non pas ma prinçounette prunelle de mes yeux, la preuve donc que je fais tout mal et que je le sais bien, mauvaise mère qui n'éduque pas ni ne dirige ni ne donne des repères, ni familiaux exemplaires ni amicaux en tribu, rien de rien, alors la pauvrette, pour se distinguer et se faire remarquer, n'hésite pas à brandir l'idée du BÉDO, pour faire genre, mais si seulement comme par magie, loin de tout foirage de ma part, elle se trouvait des passions, geekerie ou bricolage, animaux ou sens artistique, et les mettait à l'honneur sur son blog bien noir et blanc, nigga' avec swag, mais non, le BÉDO vous-dis je. Alors n'y tenant plus quand elle rentre de son local scout, brave cheftaine de patrouille à la recherche de bouts de ficelle et de rouleaux de PQ pour aborder le week-end en forêt de demain, je lui intime de bien vouloir m'expliquer tout de suite non mais qu'est ce que ça veut dire tout ça, mais pas qu'est ce que j'ai fait au ciel pour mériter ça, car je le sais trop bien ce que j'ai fait ou plutôt pas fait, le non éducationnel et le tout jeu insouciant, et encore même pas...
La toutinette (mes petits noms de bébé pour cette pubère adolescente qui ne rève que de se faire pécho) se raidit un peu, gasp, comment as-tu fait pour le trouver, elle-même galère encore une heure avant de retrouver sa toute nouvelle prose sur le net, mais je ne me risque pas à lui révéler mon moyen mnémotechnique tout con, car bien capable elle aussi de m'avoir mise en favoris. On s'épie via le net, et à l'heure qu'il est elle est sur le canapé à côté de moi, les pieds carrés sur mes genoux, la télé en fond sonore, un road movie bobo de Patrice Leconte avec Pauline Lefèbvre la speakerine de Canal + au carré déstructuré, qui nous fait sa belle des champs entre deux garçons, mais n'est pas Jules et Jim qui veut. Donc la mère et la fille parlent d'elles-mêmes à cinquante centimètres de distance, mais combien d'années lumière ? Se plaint-elle d'une mère intrusive, total irrespect, je suis fière de moi ? Me plains-je de ma fille incomprise, 35 ans d'écart ça creuse un fossé, déjà que j'ai jamais été si jeune que ça dans ma tête et pas tellement fait "les 400 coups" comme dit ma mère pas précisément à la page ? En tout cas elle jurera ses grands dieux que rien de tout cela n'est vrai, que c'est juste pour faire "stylé", et comme tout le monde, ça intéresse tous les ados, tout le monde aime fumer et ne parle que de ça. Je m'énerve un peu, si elle met déjà dans les trois mots de présentation de son profil qu'elle ne pense qu'à fumer, les dealers risquent de la repérer vite fait, déjà 16 pages vues rien que depuis hier, et ce n'est pas que par elle. O joie du nombre de visiteurs uniques, Big brother est sommé de watching us tant qu'il peut.
Et le "bédo", c'est bien le genre de mot clé qui fait peut faire rappliquer les foules, par exemple de fans d'artistes à moumoute, et pas toujours concernés par l'abus de substances, quand googlisé au pluriel "bedos" : ai bien remarqué les occurences nombreuses dans les premières lignes de résultats de news du fils de l'humoriste Guy Bedos. Car, remarqué-je aigrement, c'est bien connu les nouvelles générations occupent le pavé, essayez donc de chercher Guy Béart - mais pourquoi parler de ce vieux guitariste aux yeux bleus ?, vous ne tomberez que sur la grosse bouche d'Emmanuelle. Et encore celle-ci est de ma génération, il faudrait que je trouve un autre exemple, tiens Charlie Windsor supplanté par le prince Harry (pas ce cucul de William) - non mon côté Paris Match me perdra - allez vite un exemple d'enfants d'artistes moins ringards que les Gérarthur Jugnot, ou Claudalexandre Brasseur, d'ailleurs tout le monde s'en fout. Bon on a compris, "bedos" ça mène sur le net à Nicolas Bedos le sosie de son père qui emballait sec et me faisait craquer avec Sophie Daumier dans son sketche la Drague (la Drogue ?).
Foin (herbe séchée) d'aparté people ! Chercher "bédos", ce mot vaguement mystérieux et rigolo, ça mène aussi à ça, tous ces propos à la con entre ados, je crache la fumée ou pas, et moi ça me fait ça et toi. Et aussi à des conseils aux parents, et des témoignages et conseils diffusés sur les forums médicaux, Doctissimo et autres, et surtout, plus sérieux, gouvernemental, à une alerte à la prise de conscience que oui la drogue c'est mauvais, c'est de la daube, dau-be, bé-do, et que ça risque de bousiller les cellules du cerveau en douce, à force de mollassonerie, d'oublis, de perte d'attention. Ne vais-je pas jusqu'à lire que ça peut mener à la schizophrénie, maladie familiale, les gènes de mon Christophe sont en moi et je sais bien qu'on est pareil lui et moi, et Clarounette ne va pas t'y mettre aussi, à te fourrer de la résine et du weed et du goudron et de la nicotine et du tabac et même de la merde, allons-y, il y en a qui ont eu les doigts qui puaient après avoir effrité leurs feuilles ou morceaux de produit illicite et psychotrope. L'intelligence, enfin rien qu'un peu, c'est tout ce qu'on a pour tenir et avancer et faire face à la vie. Et la santé aussi. Alors l'auto-destruction c'est bien tentant, je suis la première à flirter avec les rives méphitiques de la négligence, la dévalorisation de soi et les comportements limites, beuveries solitaires et sommeils léthargiques d'abrutie, et mon addiction au net parlons-en, mais pas de cachets merci, du moins pas encore. Mais toi évite ça poulette, alors oui je veux bien te croire quand tu me dis que donc c'est juste pour faire la fille stylée et se la raconter, raconter sa vie en fille cool et décontractée et bien intégrée (car si on boit seule quand on est vieille, on fume en groupe quand on est adolescent, pour être intégré et bien vu). Alors oui si tu le dis, que tu n'as jamais fumé que trois pétards, avec tes copains de 16 ans cailleras dealers ou bourgeois de la Butte encanaillés, et en colo de ski, et je ne sais où, dans tes boums ou assise sur un trottoir, faites tourner, je veux bien te croire. De l'empathie, j'en ai, sauf pour moi. Mais si tu as les symptomes décrits ici et là, et que tu deviens dépendante à la fumette, et que tu perds l'envie de lire et de t'instruire et de travailler, pour plus tard c'est un cliché mais c'est aussi ce qui conditionne le bonheur, être indépendante et avoir plein de pépettes pour t'acheter les trucs qui te font envie dans Elle ou le Madame Figaro de ta grand-mère, et bien je n'hésiterai pas à prendre les démesures qui s'imposent, et je vais bien trouver, et pire que privée de Facebook, ça c'est déjà fait par la grâce et le côté insupportablement mais fermement frère corse, ou reubeu, de tes frères aînés qui n'ont pas supporté d'apprendre tes frasques d'avoir fait le mur du côté de la porte de Clignancourt avec tes copains coupeurs de joint, et autres comportements à risques. Même que nous, ton papet et moi, "les parents" si peu du genre ceux de Delphine et Marinette, avec leurs gros sabots autoritaires de chat perché, en avons pris pour notre grade d'incurie et d'imbécilité amorphe face à notre fifille indolente et mal partie. Mais j'ose espérer que rien de grave, pas de Moi Christiane F. droguée et prostituée au vu et au su de mes parents, au bout de l'aventure adolescente. Bon si on allait à la messe ? Non, crise des valeurs générale, ça c'est dans les magazines, et chez nous le petit Jésus n'existe plus qu'en culotte de velours, bourgogne de préférence. Meuh non que de la limonade, je ne veux quand même pas passer pour une pochtronne, déjà que j'ai les joues un peu trop rouges (mais c'est de famille). Ma pauvre chérie, d'accord, je ne dirai rien à ton frère et je ravalerai ma peine de voir que c'est lui que tu crains, le grand garçon raleur et grande gueule, mais qui sait ramener les soeurs dans le droit chemin et leur faire tenir le cap, comme on dit dans les journaux de navigations, les web logs, les blogs, faute de se parler dans le blanc des yeux et le coeur sur la main. Blog niveau confiance, comme ils disent ici. Le mien peine à dépasser le niveau 6, c'est pas bien haut, mais courage on va y arriver.
de ma fille en classe de troisième, pour l'épreuve d'histoire de l'art au brevet, rien qu'un peu préparé par Internet et moi (plus quelques rajouts et photos ou vidéos de dernière minute au ton plus scolairement incorrect, en bleu clair), et les images de cet inusable chef d'oeuvre, le cultissime « LA NUIT DU CHASSEUR», titre original « THE NIGHT OF THE HUNTER»
Film long métrage de 93 mn américain sorti aux Etats Unis en 1955, tourné en noir et blanc et en anglais
Réalisé et scénarisé d’après le roman de Davis Grubb par l’acteur britannique Charles Laughton,qui avait obtenu l’Oscar du meilleur acteur en 1933 pour la Vie d’Henry VIII.
Avec en acteurs vedettes Robert Mitchum dans le rôle principal (le Révérend ¨Powell), Shelley Winters, (Willa Harper, la veuve et mère des enfants), Lilian Gish, dans le rôle de Rachel Cooper, la vieille dame qui recueille les enfants, star du muet chez Griffith, et le jeune Billy Chapin, qui joue John, le garçon - dont le père, à "mission impossible" est joué par Peter Graves.
Genre du film:
film noir, drame, A sa sortie en salle le film ne rencontre pas le succès espéré et est un échec commercial. Charles Laughton déçu ne pourra pas faire d’autre film, ce n’est que bien plus tard que La Nuit du chasseur sera considéré comme un film culte et classé parmi les chefs-d'œuvre du cinéma. Nous verrons qu’il est difficile de le classer dans un seul genre
Résumé :
Harry Powell est un prédicateur révérend qui épouse des veuves pour leur argent et les tue, persuadé qu’il est missionné par Dieu pour faire disparaître des femmes qui suscitent les instincts charnels des hommes. Arrêté pour vol de voiture, il partage une cellule de prison avec le voleur et meurtrier Ben Harper, chômeur voulant donner une vie meilleure à ses enfants, et condamné à mort après un braquage qui a mal tourné. Celui-ci pendant son sommeil parle du butin qu’il a caché, Powell tente de lui faire révéler le lieu où il a caché les 10.000 $ qu'il a volé. Seuls les enfants de Ben Harper, John, âgé de 9 ans et Pearl, âgée de 4 ans, savent que leur père l’a caché dans la poupée en tissu de Pearl, juste avant de se faire arrêter par la police après son hold up, sous les yeux de ses enfants et ils ont juré à leur père de garder ce secret. Ben Harper est exécuté, le révérend Powell se rend dans sa ville, à la rencontre de sa veuve, Willa Harper, dans le but de lui faire la cour et de la séduire ainsi que son entourage. Manipulateur et pervers, il s’y prend en se faisant passer pour un vrai religieux, citant sans cesse les Ecritures, les sermons et les hymnes, et elle accepte de l'épouser, son entourage est aussi séduit qu’elle par les manières du faux pasteur. Pendant leur nuit de noces, il lui dit qu'il n’aura jamais de relations sexuelles car ce serait pêcher contre Dieu, et bien vite elle se résigne à son sort. De leur côté les enfants se méfient de lui, surtout John qui recommande bien à sa petite sœur de ne jamais trahir le secret. Une nuit après que la mère des enfants ait découvert que la violence du révérend, qui a essayé de faire révéler à Pearl où était caché l’argent, le révérend Harry Powell tue sa femme à coup de et jette son corps dans la rivière. Les enfants se cachent et arrivent à s’enfuir à bord d'une en descendant la rivière, le pasteur les poursuivant de près sur son cheval. Pourchassés sans pitié par ce pasteur psychopathe et abandonnés à eux-mêmes, les enfants finissent par faire une heureuse rencontre : madame Cooper, une vieille nourrice qui s'occupe d'enfants abandonnés, les trouve sales et affamés dans leur barque au pied de sa maison, et les prend sous son aile. Ils ont enfin trouvé un foyer sûr. Mais le pasteur les cherche à cheval et en ville, il séduit une des adolescentes gardée par Mme Cooper et la fait parler des nouveaux pensionnaires qui sont arrivés. Il y va et là, demande à voir ses enfants qui eux refusent, surtout le petit garçon, madame Cooper comprend et prend le fusil, puis après appelle la police et le faux pasteur est arrêté...
les lignes ci-dessus ont été traduites par misselfe du résumé du film sur le site américain de l'Internet movie data base, après avoir été passée au filtre de la traduction automatique de Google, remise par mes soins dans un style, disons, collégien...
Technique du film :
Les décors : beaucoup des scènes d’extérieur sont tournées en studio, cela donne une atmosphère étrange
La lumière : photographie assez noire et tranchée, contrastée, scènes de nuit éclairées fantastiquement, des tableaux d'ombres chinoises, un hommage au cinéma expressionniste allemand, dans la scène du meurtre de la mère par exemple
La musique aussi est très inquiétante, chansons des enfants, reprises en leitmotiv
Critique et interprétation
Ce film est basé sur des dichotomies (le bien-le mal, les adultes-les enfants, le jour-la nuit, le studio-l'extérieur, etc.), qui rendent l'atmosphère du film angoissante , la panique et le stress qui vont crescendo au fur et à mesure que l'action se diffuse.
Laughton a réalisé une œuvre à part, complexe. Le genre du film est en fait inclassable, il est constitué d’un mélange de genres cinématographiques différents :
thriller ou film noir (scènes d’angoisse, meurtre),
film d'horreur film d’aventure : un côté western (le révérend à cheval et son révolver ; le voyage des enfants)
conte pour enfants macabre, sinistre et cauchemardesque, à l'atmosphère étrange et à la limite du fantastique (Powell sur son cheval avançant dans la nuit en chantant, démoniaque, irréel, comme lorsque l'on l'entend susurrer ses douces comptines sur son cheval au beau milieu de la nuit. Il peut avoir aussi un côté aussi grand méchant loup un peu comique parfois)
mais aussi conte féérique(la scène de la fuite en bateau, et la bonne fée Rachel Cooper qui les prend sous son aile)
fable morale, avec le thème du bien et du mal
Un des thèmes principaux du film: L'affrontement du bien et du mal,
symbolisé(entre autres, rien n'est simple, fi de dichotomies manichéistes, mais restons en 3e classe) par la scène ou le révérend montre ses tatouges aux enfants : les mots HATE (haine) et LOVE (amour) sont tatoués sur ses doigts. Il dit « voulez vous entendre l’histoire de la main droite et de la main gauche ? l’histoire du bien et du mal ? H-A-I-N-E ! C’est avec sa main gauche que Cain tua son frère. A-M-O-U-R ! C’est l’âme de l’homme, cette main droite est la main de l’amour. Je vais vous montrer l’histoire de la vie. Ces doigts, chers enfants, sont toujours en train de se battre l’un contre l’autre. Regardez les bien ! (gestes de combat entre les deux mains). Mais c’est l’amour qui finit par gagner. En fait, tout faux, et il faut penser que c’est avec sa main droite que le faux prêcheur manie son couteau assassin…
Extrait de dialogue en anglais: Rev. Harry Powell: [when he notices John staring at the words "love" and "hate" tattooed across his knuckles] Ah, little lad, you're staring at my fingers. Would you like me to tell you the little story of right-hand/left-hand? The story of good and evil? H-A-T-E! It was with this left hand that old brother Cain struck the blow that laid his brother low. L-O-V-E! You see these fingers, dear hearts? These fingers has veins that run straight to the soul of man. The right hand, friends, the hand of love. Now watch, and I'll show you the story of life. Those fingers, dear hearts, is always a-warring and a-tugging, one agin t'other. Now watch 'em! Old brother left hand, left hand he's a fighting, and it looks like love's a goner. But wait a minute! Hot dog, love's a winning! Yessirree! It's love that's won, and old left hand hate is down for the count!
Rachel Cooper et Harry Powell, deux personnages opposés :
Le révérend (le diable ?) symbolise le mal absolu, qui poursuit et terrorise les deux enfants pour une sombre histoire de dollars. Pourtant il se fait passer pour un homme de bien, voire un saint et un père qu’il n’est pas. La religion chrétienne basée sur l’amour et la pauvreté, contre le crime et l’appât du gain, sous des dehors de fausse religion.
Le bien, qui finit par gagner, comme dans l’histoire racontée par les mains tatouées, est symbolisé par Rachel Cooper, une humble croyante, une mère d’adoption, figure maternelle protectrice , qui sauve les enfants.
Leur opposition est frappante dans la scène où ils chantent ensemble le psaume Leaning on the Everlasting Arm, dont le révérend Powell oublie des mots, c’est ce qui fait comprendre à Rachel Cooper qu’il n’est pas celui qu’il prétend être.
Extrait de dialogue en anglais :
Rachel Cooper: John - ain't you going to say hello to your pa?
John Harper: He's not my
pa!
Rachel Cooper: No, and he ain't no preacher neither!
Scène choisie : la descente du fleuve par les enfants
Moment du dvd : scènes 10 et 11, procéder par avances rapides
La fuite sur la rivière des 2 petits orphelins, avec des images à la fois inquiétantes et apaisantes de la faune et de la flore : scène nocturne, descente du fleuve Ohio, présence d’animaux bienveillants sur les berges, qui les protègent : pas des prédateurs, des herbivores inoffensifs et bienveillants un crapaud, une araignée, des moutons, des lapins, même un renard peureux, tous filmés de près, des moustiques autour de grandes herbes, des nénuphars. La nature enveloppe les enfants, ils sont coupés de la civilisation et des hommes qui les menacent ou qui ne les comprennent pas. La lune se reflète sur l’eau, c’est un autre monde, sur l’eau rien ne peut arriver, moment magique : John s’endort et la barque navigue toute seule. On voit surtout la barque de nuit, magique vision. Pearl peut se laisser aller à chanter, comme une berceuse, une histoire de mouche...
En anglais : Once upon a time there was a pretty fly, he had a pretty wife, this pretty fly. But one day she flew away, flew away. She had two pretty children, but one night these two pretty children flew away, flew away, into "the sky, into the moon.
"le fantastique recouvrant comme un baume apaisant une histoire résolument sordide", cette poursuite de deux orphelins par un fou obsédé par l’argent"
Le scénario prend la forme d'un conte poétique et joue beaucoup sur les peurs enfantines (la nuit, la solitude, la perte des parents…). La vision est onirique et fantastique, cette longue errance des enfants le long du fleuve sous un ciel étoilé c’est une parenthèse enchantée dans le film, même si on continue à trembler pour les enfants, mais les images de la fuite en bateau sont apaisantes, danscette histoire sordide et terrifiante de poursuite d’enfants par un fou obsédé par l’argent. C’est le fleuve qui les sauve deux fois, en les faisant échapper in extremis, par ses remous et ses vagues, au couteau du pasteur, et qui après une descente comme dans un rêve les amène le matin suivant à bon port, dans les herbes.
Un peu de Moïse sauvé des eaux, et un peu de légende américaine : Tom Sawyer et Hukleberry Finn de Mark Twain sur le Mississipi.
Le film dans le contexte de l’industrie du cinéma :
C’est la grande époque du cinéma , avec par exemple en 1955, l’année de tournage du film, les films : 7 ans de réflexion avec Marylin Monroe ; A l’Est d’Eden avec James Dean : des films montrant des adultes aux prises avec leurs passions, ou des comédies comiques ; et pour les enfants La belle et le clochard de Walt Disney. Aucun film sur la dépression des années 30. La Nuit du chasseur n’était pas à la mode.
Dimension sociale du fim :
Ce film montre la dureté de la Grande Crise économique, après le krach de 1929. Les Etats-Unis fut un des pays les plus durement touchés par le chômage, la pauvreté et l'abandon d'enfants trainant la rue, quémandant à manger ! Le film se passe dans le cadre de l'Amérique rurale profonde, avec sa population pauvre et fragilisée, à la merci des faux prophètes et des criminels de tous ordres
Aujourd’hui, ce film a eu une influence sur des réalisateurs comme Tim Burton (qui en a pris de la graine pour ces nightmares before Christmas et autres Batman).
Sources :
Wikipedia
Imdb, Internet movie data base
Allociné
La nuit du chasseur de Charles Laughton / par Charles Tatum Jr, paru chez Yellow Now, 1988
Voir photos dans ce bon site sur les acteurs de cinéma GB et US, celui des affiches dessinées, grande
époque hollywoodienne,"cinetom"
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De la musique avant toute chose, qu'il disait le
Paulo (Verlaine), avec son copain Arthur (pas le cousin de Babar)
; on est pas sérieux quand on a plus de dix-sept ans...
Quelques unes de mes playlists à jouer sans modération sur Deezer, pour faire l'ambiance quoi. Soit, "Coffeemusic", avec du thé ou de la bière ça marche aussi...
Ou bien "Et hip et hop jazzy", ou "Groove électro", "Dance floor" ...
Mein Sohn, was birgst du so bang dein Gesicht ? –
Siehst Vater, du den Erlkönig nicht !
Den Erlenkönig mit Kron’ und Schweif ?
„Du liebes Kind, komm geh’ mit mir !
Gar schöne Spiele, spiel ich mit dir,
Manch bunte Blumen sind an dem Strand,
Meine Mutter hat manch gülden Gewand.“
Mein Vater, mein Vater, und hörest du nicht,
Was Erlenkönig mir leise verspricht ? –
Sei ruhig, bleibe ruhig, mein Kind,
In dürren Blättern säuselt der Wind. –
„Willst feiner Knabe du mit mir geh’n ?
Meine Töchter sollen dich warten schön,
Meine Töchter führen den nächtlichen Reihn,
Und wiegen und tanzen und singen dich ein.“
Mein Vater, mein Vater, und siehst du nicht dort
Erlkönigs Töchter am düsteren Ort ? –
Mein Sohn, mein Sohn, ich seh’ es genau,
Es scheinen die alten Weiden so grau. –
„Ich liebe dich, mich reizt deine schöne Gestalt,
Und bist du nicht willig, so brauch ich Gewalt !“
Mein Vater, mein Vater, jetzt fasst er mich an,
Erlkönig hat mir ein Leids getan. –
Dem Vater grauset’s, er reitet geschwind,
Er hält in Armen das ächzende Kind,
Erreicht den Hof mit Mühe und Not,
In seinen Armen das Kind war tot.
Adaptation par Jacques Porchat (1861)
Qui chevauche si tard à travers la nuit et le vent ?
C'est le père avec son enfant.
Il porte l'enfant dans ses bras,
Il le tient ferme, il le réchauffe.
« Mon fils, pourquoi cette peur, pourquoi te cacher ainsi le visage ?
Père, ne vois-tu pas le roi des Aulnes,
Le roi des Aulnes, avec sa couronne et ses longs cheveux ?
— Mon fils, c'est un brouillard qui traîne.
— Viens, cher enfant, viens avec moi !
Nous jouerons ensemble à de si jolis jeux !
Maintes fleurs émaillées brillent sur la rive ;
Ma mère a maintes robes d'or.
— Mon père, mon père, et tu n'entends pas
Ce que le roi des Aulnes doucement me promet ?
— Sois tranquille, reste tranquille, mon enfant :
C'est le vent qui murmure dans les feuilles sèches.
— Gentil enfant, veux-tu me suivre ?
Mes filles auront grand soin de toi ;
Mes filles mènent la danse nocturne.
Elles te berceront, elles t'endormiront, à leur danse, à leur chant.
— Mon père, mon père, et ne vois-tu pas là-bas
Les filles du roi des aulnes à cette place sombre ?
— Mon fils, mon fils, je le vois bien :
Ce sont les vieux saules qui paraissent grisâtres.
— Je t'aime, ta beauté me charme,
Et, si tu ne veux pas céder, j'userai de violence.
— Mon père, mon père, voilà qu'il me saisit !
Le roi des aulnes m'a fait mal ! »
Le père frémit, il presse son cheval,
Il tient dans ses bras l'enfant qui gémit ;
Il arrive à sa maison avec peine, avec angoisse :
L'enfant dans ses bras était mort.
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