Par l'aquaboniste atrabilaire, ou princesse rabiola
Vendredi 30 décembre 2011 5 30 /12 /Déc /2011 23:13

Bon je ne sais pas si ça va marcher, j'intègre ou je désintègre, c'est selon, mais non ça a l'air de marcher, merci les tutoriels youtube justement, donc une vidéo  youtube des Dresdener Frauen, alles auf deutsch bitte, des têtes sculptées en bois, tronçonnées et hachées, de Georg Baselitz. Vu l'expo au Musée d'art moderne à côté du Palais de Tokyo. Baselitz, née Hugo Georg, avec un autre patronyme, son nom vient de son village natal. J'adore ses tableaux renversés et renversants, gros coups de brosse, expressionnistes. Ici, des sculptures dans des troncs d'arbre aux essences choisies ("lime" : tilleul, par ex.). Bustes, têtes, corps en pieds, ou sans pieds, ou autoportraits en escarpins à talons énormes, taillés à la hache et à la tronçonneuse. Magnifique, dérangeant, art brute et sans concessions. Ne pas pouvoir s'empêcher de penser au démembrement de mon frère dans une salle à trois sculptures, tête, buste, tronc, marqués de rouge. Un certain hiératisme aussi. Des sculptures recouvertes de tissus "quariert" : à carreaux, avec traces de peinture. Vu en couple, donc pas pu m'arrêter devant les oeuvres bien longtemps, vite me faire happer par le jaune vitriolant des femmes machées de Dresde, couleur jaune éclatante, groupées, sur sellettes. D'autres Tragischer Kopf, ou Ohne Titel, ou bien d'autres mots allemands que je comprends ou non (retrouve sur la tête de Baselitz en bois des "Mütze", casquettes). A l'entrée, noté le carton d'invitation de Jacques Chaban Delmas, pris en photo avec le Baselitz barbu quarantenaire, l'artiste est né en 1938, lors du vernissage au CAPC en 1983, j'avais déjà quitté la ville et ne connaissais pas GB. Très bonne expo.

Suivie d'un ineffable foutage de gueule à l'étage au dessus, payé quatre euros de plus pour voir les assemblages grotesques de deux artistes, polluant la salle de la Fée électricité de Dufy au style si fluide, vite oublier leurs noms, les Américains Trecartin et Fitch, malgré une affiche alléchante.

 

Ensuite découvert la rue de l'Annonciation à Passy, jolie comme en province mais si chic et chère, mais de bon goût ma chère et ma foi j'aimerais bien habiter par là, du joli marché, des bûches à la meringue préparées derrière les vitrines au vu et au su de tout le monde, des cafés gentiment branchés, des beaux immeubles, certains bas et pas Haussmanniens, ça repose... Café chez Aléo (de mémoire), néo seventies, au bout de la rue avant de redécouvrir la Maison de Balzac et l'exposition "Elle coud, elle court la grisette", avait bien repéré le catalogue au cours de mes fonctions... Maison situé en contrebas de la rue Raynouard, retrouve son joli jardin avec plaisir, cueille une branche (petite) décorative de cotonéaster à boules rouges comme à Libourne, et m'assied sur les fauteuils et chaises en bois vert d'eau, petite déambulation sur les allées, se tordre le cou en bas vers la rue Berthon et ses pavés si XIXe, et puis se laisser griser par les chansons d'époque déversées dans les hauts parleurs et casques. Lisette, bergère, musette, grisette (couturière, modiste, ouvrière gentillette), Rigolette, et puis aussi lorette, délurées entretenues ou trottins menus à colifichets allant courir les bals de Mabille ou Montmorency, bien loin pour des dimanches venant après d'harassantes semaines à tirer l'aiguille. Mais elles avaient l'âge des coiffes à dentelles, des châles en indienne, des robes larges et longues, façon comtesse de Ségur, illustrations de Gavarni. Chansons à textes d'Henry Murger ou Henri Monnier, charmant et léger. Pas vraiment la misère, juste une légèreté parisienne rêvant de mieux, en s'acoquinant avec étudiants, carabins ou vieux rentiers. Avec cerise sur le gâteau, le cabinet de travail de Balzac, petite table cirée  mais trouée de cussons, fauteuil en tapisserie, sur laquelle a été écrite la Comédie humaine, rien de moins. J'ajoute pour moi même que j'ai cherché parmi les plaques cuivrées exposées, ayant servi aux graveurs pour illustrer la divine Comédie, celle de la Cousine Bette, soit la véritable (!) '"héroïne balzacienne" qui me taraude l'esprit, prétendue victime de harcèlement, crime assumé et fier de l'être de "lèse chouchoute" oui ! Sur chaque portrait de grisette lorette rigolette c'est bien son allure et son style d'écervelée folle de sa personne (buste en avant, pas rapide et allant mimi pinsonnant) que je retrouve... Allez, un dernier regard sans rancune sur les jolies gravures parsemant les murs de cette belle et vénérable maison. Quand est-ce que j'emménage ?

 

 

 

La « grisette », cette jeune couturière à la fois « sage » et coquette, envahit au XIXe siècle la littérature, les beaux-arts ou la chanson. La Maison de Balzac présente la première exposition consacrée à cette figure multiple et mobile, étonnamment moderne par sa capacité à s’adapter aux différents médias. Romances enregistrées à l’occasion de l’exposition, peintures célèbres et gravures moins connues… la diversité des œuvres fait écho à la variété des activités de la grisette et à sa perpétuelle métamorphose.

 

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Publié dans : artistique
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  • L'Aquaboniste atrabilaire, ou Princesse Rabiola
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  • cinéma peinture photographie littérature théâtre
  • Mes enfants un peu grands, ma ville capitale, mon moral en bas de casse, un réseau seulement fait de métros... Pourquoi ne peut on pas passer plus de temps ailleurs qu'à Paname pourtant si riche ? Alors qu'il reste "How much time" ?

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