Des ondes, bonnes ou néfastes, j'en ai bel et bien senti quand en septembre 2010 (déjà ?) j'ai entendu des bruits indéfinissables mais bien présents, enfin
???, au-dessus de ma tête, quand j'étais couchée dans ce même lit photographié plus bas, dans un post sur la fin de Christophe, son lit de mort si je puis me permettre, qui n'était jusque là
que le lit de ma mère, et ce soir là le mien, après avoir été la semaine d'avant celui de mon frère David. Sans oublier le corps raide mort en pyjama rayé façon Holocause de mon papa Jeannot
ramené en octobre 1972, un sinistre 30e jour du mois, étendu sur la table en bois qui lui servait de bureau, dans cette chambre, son ancien bureau de professeur d'anglais, des Penguin books
plein les étagères.
Cette chambre a servi à tout le monde, je vous dis. J'avais donc décidé, seule dans la baraque, de dormir dans la chambre du bas, celle de ma vieille mère,
que j'avais lavé et récurée à fond, enlevant des morceaux de pain, des lettres de tante Jarry, des bouts de verre (ampoules cassées), des cotons sales, des enveloppes vides sous les draps, des
factures à foison, des kilos de relevés de banque, des vêtements sales, des bas filés, des journaux de télévision, des prospectus immobiliers, des brochures publicitaires de toutes origines,
des stylos, des araignées vivantes, des moutons (de poussière), des Paris Match, des Jours de France, des Géo, des Point de Vue, des papiers des papiers des papiers... Dont beaucoup dans le lit
douillet et PROPRE dans lequel je m'alanguissais presque nuitamment, un petit 22 h sans doute cette nuit là, rien du tout pour moi qui vous écris à 1 : 29 dit le Mac de mon mari (qui me
défend d'y toucher, à son Mac, je "l'use"...). Seule donc à la maison, après mes corvées de ménage, chaleur de septembre, les voisins partis en week-end dans le "quarante-sept" (mieux que le
neuf-trois à ma porte habituelle), la mère à la patte folle convalescente à Talence, et mon frère JCA pauvre petit emmuré vivant à Pessac, à quelques encablures de ma mère, de sa mère, de bons
repas, de présence, de médecins qui auraient pu diagnostiquer l'urgence vitale, mais non, je l'avais déjà condamné en ne lui donnant pas l'adresse de la maison de convalescence Les Flots, tout
est tombé à l'eau et les possibles engloutis, Christophe ne franchira la porte de la clinique que la veille du départ de ma mère, de son retour à Libourne (dans une maison bien rangée ah ça
oui, j'y avais mis le paquet - d'ailleurs elle fera de même ma mère la souillon, telle fille telle mère, ira ranger la bauge de son fils quelques semaines avant sa mort, mais il s'en fichera
bien, pressé de partir de sa prison et son taudis de solitude à tout jamais. Comme moi j'avais rangé sa maison du haut en bas, des fois qu'elle rentre en fauteuil roulant avec inspection de
l'infirmière. Mais non, tout le monde s'en fiche bien des draps propres et de la poubelle désinfectée (ai-je été jusque là ? Les bords gluants doivent l'être restés... Donc obnubilée que
j'étais par le grand ménage et le nettoyage par le vide des ordures de ma mère, j'ai beaucoup pleuré en voyant les strates pelures d'oignons de saletés qu'elle avait glissé entre ses draps,
couvertures, sous le matelas, des photos et des lettres de famille cotoyant les livres de poche de Pierre Bellemarre et Mary Higgins Clark,
mais là en septembre-octobre, tout était apparemment en ordre dans la pièce, je soufflais un peu et m'octroyais un peu de plaisir de lecture au lit adossée
à l'oreiller, le drap était d'un coton glissant et de bonne tenue, j'avais déplié et sorti du plastique cette parure de lit ayant dû avoir été achetée en 1973 et jamais servi. A part pour petit
frère David venu la semaine d'avant, avait couché là une nuit, sa chambre du haut pas encore "faite". M'étais dit ma foi qu'après tous mes efforts je méritais bien d'y dormir moi aussi dans des
draps propres, sur un carrelage récuré, sans trop de toiles d'araignées autour de la tête, et un bon polar italien (deux auteurs, pas mal, enquête, un peu compliqué, et à l'évidence plus d'un
an après je ne me rappelle de rien de l'intrigue ni des personnages... A quoi bon lire ?).
Le paranormal, alors il arrive ? Oui à grands pas et même à toute berzingue, peut-être à 158 km/h comme le
TGV qui dézingua Christophe, car levant le nez de mon roman oublié, vers 22 h donc, et je répète toute seule à la ronde, j'entends un bruit de train, habituel vu la situation de la maison près
le la voie ferrée cruelle à la famille, mais pratique pour aller prendre son mode de transport obligé quand personne ne conduit dans la famille, bref un roulement métallique et ronflant
caractéristique de la propulsion mécanique ferroviaire, mais qui là durait depuis drôlement longtemps, pour me faire lever les yeux de mes lignes policières italiennes sûrement passionnantes à
ce moment là (mais dont j'ai tout oublié sauf le titre : La Femme du dimanche.
Moi, ça devait être, c'était un
samedi, début octobre ?). Un train qui ne s'arrête jamais ? Bizarre, j'écoute un peu plus attentivement. Ce train aurait dû finir de passer depuis longtemps, ce n'est pas normal. Le bruit,
pourtant assez difficile à situer, de l'autre côté de la rue, puisque d'origine sncfesque, devient plus proche, au-dessus, dans la maison en tout cas. Une espèce de roulement, avec des cahots,
des tressautements. Des choses qui roulent, qu'on pousse, qu'on déplace. D'assez loin, soit parce que je suis sourde, il est vrai, soit parce que je ne sais pas d'où ça vient, d'où ça part, ce
qui produit ça. Je suis seule comme une conne ici, pas de mère Mi-an ni son successeur et sa famille recomposée (ils se sépareront l'année prochaine, "Christophe aurait été très content"
grincera ma mère) dans la maison voisine jumelle, donc va savoir qui fait ce ram dam mais oui qu'est ce que c'est que ce bordel au dessus de ma tête, on dirait que ça se passe sur le palier à
l'étage, ou peut-être dans la chambre de Christophe.
Et ça ne peut que me rappeler la séance de poltergeist ou d'esprit frappeur avéré que j'avais entendue sur
ces mêmes lieux quand j'avais 14 ou 15 ans, blottie dans le lit de ma mère dans la chambre au lavabo, qu'elle occupait avec David de 9 ans, j'étais venue les rejoindre dans leur llt après avoir
entendu des bruits sur le toit de la véranda, à côté de ma chambre à moi. Serrés à 3 dans le même lit, j'avais fermé à clé la porte de la chambre et commençais à m'endormir, il y a plus 33 ans
donc, quand j'avais entendu une folle sarabande de l'autre côté de la porte, heureusement "barrée" comme disait ma grand-mère Colette, expression poitevine signifiant porte close avec loquet ou
autre clé censée nous protéger des rôdeurs, ou mauvais esprits. Qu'était-ce donc que j'entendis cette nuit là ? Des bruits effrayants, que même ma mère endormie entendit un peu, gémissant dans
un demi-sommeil "mais qu'est-ce-que-c'est, aaaah..." mais vite rendormie et me laissant seule l'oreille collée derrière la porte et les pieds nus glacés sur le parquet, et criant je crois à la
chose d'"arrêter et de partir et de nous laisser tranquilles".
Car la pure vérité si je mens, j'ai bien été debout et réveillée et les cheveux dressés sur ma tête cette nuit là à entendre pendant bien cinq longues minutes des
bruits de meubles déplacés et roulés et poussés, par vagues, avec des accélérations et des élans, des bruits de bois, comme si on faisait rouler un tonneau ou une barrique (visualisation des
fûts de vin de Cahors dans la cave de Masquières,
mon grand-père était-il toujours en vie ?) sur le palier, et qu'il venait se fracasser et ébranler la porte de la salle de bains, à côté, à quelques centimètres
de moi. Un bruit infernal, une sarabande incroyable, inexpliquable de remuement d'objets, de chocs et de heurts, raclements de parquet ou de bois ou je ne sais quoi. J'ai dû retourner dans le
lit de ma mère et de mon frère de 9 ans, un peu de chaleur, et m'endormir instantanément quand les bruits ont cessé, brutalement, aussi vite qu'ils étaient venus. Je ne sais pas et ne saurais
jamais ce qui s'est passé. Christophe qui dormait dans la chambre à côté jura ses grands dieux le matin qu'il n'avait rien entendu, ni rien fait. A 14 ans ou 13 ans, il était aux prémisses de
sa schizophrénie et devait à ce moment commencer à devenir agité. Je suis persuadée que j'ai assisté, derrière la porte (pas question d'avoir ouvert cette boîte de Pandore), à un phénomène de
Poltergeist provoqué par l'esprit malade de mon jeune frère, télékynésie résultant de projections de son cerveau perturbé. Enfin, j'ai bien eu peur...
J'écris cela ce soir, janvier 2012, car je viens de découvrir un merveilleux livre d'entretiens de Tomi Ungerer l'ogre alsacien génial, illustrateur-dessinateur-peintre (Pas de baiser
pour Maman ; Otto...) qui dans sa vie multiple, né en 1931, un parent, dit avoir connu nombre d'expériences paranormales, dont des esprits frappeurs dans son appartement de New York, avec
déplacements d'objets, coups dans les murs, apparitions etc. Et ne voulant raconter que celles vécues et ressenties avec d'autres témoins, pour éviter l'incompréhension et le ridicule.
Moi mes expériences furent vécues solitairement, comme beaucoup d'autres d'un tout autre mauvais genre d'ailleurs, malheureusement. Donc si le grand Tomi raconte, je m'y mets aussi, et je reprends mon récit décousu en narrant mon effroi (je reviens en septembre-octobre 2010 - mais quelle est la date
exacte ?) d'entendre mais oui c'est bien eux, les mêmes bruits toujours dans mon oreille après toutes ces années, revenus, juste au dessus, comme avant, des bruits de bois qu'on bouge, des
meubles qu'on pousse et qu'est ce que c'est que cette merde parce que je suis toute SEULE !!!
Quand je lève les yeux vers le plafond j'entends un choc sourd sur le plancher de la chambre du dessus, celle de Christophe donc, comme un truc lourd qui tombe,
cette fois pas de doute il se passe bien quelque chose. Je suis toujours dans mon lit récuré du bas à tendre désespérément mes oreilles vers ces bruits bien noiseux. Je me ferai par la suite la
reflexion que je n'avais jamais dormi là de ma vie en fait... La cinquième chambre de la maison (maintenant en comptant 6 en tout avec la réplique de la chambre nuptiale des grands
parents dans l'ancienne salle de jeu) n'ayant jamais eu l'honneur de mon séant jusque là. Eh bien vous le croirez ou non mais j'ai eu le courage et même pas eu peur de sortir dans le couloir,
tiens plus de bruit, ce n'était que quand j'étais couchée, et même monter voir là haut, et là tout fermé et pas le moindre courant d'air. Je redescendrais et me recoucherais, à peine inquiétée,
comme si je savais que ces bruits sont ma foi bien réels, je fais confiance en ma perception du moment, et aussi à celle de mes quinze ans, je n'ai pas bu et n'ai pas la berlue auditive, mais
voilà c'est là, et qu'y faire, je ne vais pas en faire un drame, la maison a ce genre de phénomènes tous les 33 ans et voilà... Puisque la bell's dit que la maison a des mauvaises
ondes...
Toujours est-il que le lendemain soir vers 23 h Christophe appellera en PCV et je ne lui répondrai pas, le laissant mariner dans sa solitude et isolement,
confondant son malheur schizophrène avec une méchanceté consciente, alors qu'il ne m'avait rien fait depuis si longtemps, pauvre chochotte de moi, pauvre pitou de lui. Donc je crois en toute
bonne foi que ces bruits de poltergeist ou d'esprit frappeur ont une fois de plus été provoqués, à distance cette fois, par les "mauvaises ondes" de son esprit de plus en plus détraqué (mais le
mien n'est pas mieux), d'emmurement et de misère affective,
et que des objets dans sa chambre ou à côté ont bougé, ont fait du bruit (mais ça peut être un bruit interne, sans contact, car pas de trace constatée sur
le sol ou sur les surfaces). Christophe devait souffrir un martyr de solitude et d'abandon et son cerveau et toute sa pensée inconsciente ou consciente devait tendre vers Libourne, la seule
maison qu'il ait connue, et surtout sa mère qu'il croyait là bas, et qu'il attendait désesperement, n'ayant plus rien à manger d'autre que des poires dans les jardins ou des croissants rassis
donnés par la boulangerie aux SDF et aux Roumains de son quartier. Pensées affolées, incitant à la tourneboulade entendue alors ?
En tous les cas, le lendemain il appelait, et moi je l'abandonnai encore plus profond, en répondant impitoyablement "non" alors même qu'en cet instant
j'avais honte de moi et aurais voulu lui parler, mais je craignais n'est ce pas qu'il vienne salir mes draps propres et m'empêcher de jeter en rond et surtout qu'll aille ennuyer Maman, mais
merde elle était protégée par les médecins de sa clinique, qu'aurait il pu lui faire le pauvre petit sauf retrouver un peu de chaleur humaine, celle que sa soeur lui refusait, et tant pis pour
elle si elle entend des bruits bizarres, c'est bien fait. (je m'obstine à tapier "fiat", il est tard, mais sans doute, "fiat lux").
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